Sacha Googly

L’avantage de réagir, c’est qu’on se situe après l’événement. Pour la frime, ça glisse tout seul. Par contre, on a aussi le temps d’analyser.

L’affaire du mémo sexiste de Google se prête à merveille à l’analyse. Au départ, un développeur de l’Empire se lâche dans un exercice de philosophie digne d’une Yugo d’occasion. Sous des apparences et une structure bien académique, il assemble des postulats sans fondement, ni références, des vérités décretées par lui-même. Rien de tel pour arriver aux conclusions voulues. 

Lire la suite

L’hypoténuse de Sundar

J’ai regardé la Google I/O 2017 sur youtube le week-end dernier. Pour vous éviter de devoir subir le même sort par ces journées estivales, je vous en parle ci-dessous.

Au début, on voit une scène et les gradins se remplissent de personnes en légères surcharges pondérales. En même temps, on entend de la musique. Et puis le patron de Google entre sur scène. Et là…

Lire la suite

Pour 1200€..

…. l’Empire te pique ta vie privée.

Je quitte à l’instant le live stream de Big Broogle. En anglais, on appelle çà : « perfect timing ». Noël arrive et ils ont tout prévu pour s’occuper de vos cadeaux de fin d’année. Petit budget  ? Un chromecast + à seulement 69$. Ca ne sert strictement à rien puisque la majorité des téléviseurs ne supporte pas la 4K (d’ailleurs aucune chaîne de TV ne broadcaste en 4K non plus). Mais, bon, c’est bientôt Nowel, il faut se leur faire plaisir.

Gros budget ? Le smartphone Pixel XL 128MB vous les comblera. Meilleur appareil photo, stockage (chez eux, bien sûr) illimité et mise à jour Android en arrière-plan pour 899€.  Je passerai, quant à mois, un Nowel triste : le Pixel XL n’a ni support de carte micro SD ni batterie amovible, donc je serai contraint de zapper.

Lire la suite

Keynote 2016 : résumé

La semaine dernière, Google tenait sa grand-messe, i/O 2016. Votre blog a donc visionné la keynote de l’Empire. Trop de boulot pour l’instant, je ne pouvais pas aller à Mountain View. Et j’ai horreur de l’avion. Surtout, je n’étais pas invité.

La keynote dure un peu plus de 2 heures et demie. Si vous désirez la regarder vous aussi, vous pouvez zapper les 40 premières minutes. Elles ne servent qu’à chauffer l’assistance. Sinon le youtube est ici.

Pour qui ne veut pas investir deux heures de son temps, résumons les points saillants :

  • les développeurs lambda de Google sont obèses et barbus
  • les intervenants sur scène ont tous une montre connectée
  • ils ont pris grand soin d’équilibrer les présentateurs et présentatrices
  • le décor et les fringues font faussement pauvres (ou politiquement correct)
  • ils aiment bien les émojis
  • leurs démos consistent invariablement à appeler la famille et à réserver des restos.

Lire la suite

Au pied de la lettre (de l’alphabet)

A peine 36 heures après notre article pessimiste quant à leur capacité à innover, voici la première approche de réaction : Alphabet. Pas de doute, ils lisent ce blog. Ils nous ont pris au pied de la lettre.    

Voici donc Alphabet, société parapluie (non, pas holding) sous laquelle on trouvera tout l’Empire mais autrement. Sous l’ombrelle, celui qui prend le plus de place c’est Google himself, y compris tous les sous-produits ( maps, photos, Gmail, Chrome, Android, Youtube,…).  Son patron, c’est Sundar Pichai, la « tête à tout faire, dès qu’on a un problème ». A ses côtés, toutes les autres entreprises, telles que les ballons à Internet, Wing (drones), les projets X, les deux sociétés Ventures et Capital (devinez) et les sociétés du secteur de santé. Chacune rapportera ses résultats vers Page, Brin et Schmidt, les présidents, CEO et executive CEO d’Alphabet.  Incidemment, on avait déjà conseillé à Billou et Big Steve de faire pareil chez eux voici une demi-douzaine d’années.

Bien entendu, la bourse est aux anges : l’action a pris 6% en un soir. A titre de comparaison, 6% de leur capitalisation représente davantage que la valeur boursière de Twitter. A tout hasard, il se chuchote, dans les milieux autorisés, que l’oiseau bleu pourrait bientôt être capturé par le parapluie d’Alphabet. Coup de bol, l’appréciation de l’action leur offre Twitter gracieusement.

Pourquoi embrayer sur la bourse ? Parce que, par ailleurs, ils ont dû traduire notre post de dimanche avec Google Translate : la création d’Alphabet ne règle rien quant à l’obsolescence de leurs services. Aucune annonce sur la gestion de l’innovation, aucune nouvelle vision stratégique,… Nous sommes face à une restructuration interne, destinée à flatter les marchés. Elle vise aussi probablement à endiguer la fuite des cadres. Pour le reste, nos conclusions de dimanche restent d’actualité.

De quoi donner raisons aux blogs américains, pour lesquels Big Broogle est devenue une société ch…. Pas sûr qu’un autre film sur des stagiaires désireux de rejoindre Alphabet changera cette perception.

Plex_umbrellaAlphaplex, 2030. On a mis le vélo sous le parapluie aussi

Google –

Le moteur de recherche du web n’obligera plus à passer par son réseau asocial au nom idiot pour se connecter à youtube. L’énoncé peut paraître anecdotique ; il révèle pourtant un état semi-comateux. Malgré des profits en augmentation, on cherche en vain le médecin et les assistances respiratoires pour ramener le patient à la conscience.

De l’extérieur, il semble que le désastre de Wave ait marqué Big Broogle au fer rouge. Wave était conçu comme le nouvel outil de communication 3.0. Il incluait une messagerie instantanée, des news, une plate-forme d’édition interactive, … bref l’outil universel. Premier bémol, une invitation était requise. Deuxième bémol, on y accédait par une adresse @wave.com. Gmail raus. Résultat : des utilisateurs incapables de dialoguer avec leurs contacts habituels, impatience et frustration face au nouveau réseau à la croissance trop lente. Après quelques mois, Wave fut placé en logiciel libre, manière diplomatique de signifier sa fin, sans fleurs ni couronnes.

Depuis lors, on trouve les mêmes symptômes à chaque enterrement : un concept séduisant sur papier, mal marketé, sans support du top management. Perte de crédibilité après quelques mois et mise en bière.

Aujourd’hui le glas sonne pour Google+. Lancé à gros renforts de déclarations et d’effets de manches, Google+ devait empêcher l’essor de fesse-bouc. Mais derrière fesse-bouc, on trouvait un management dédié, impliqué à 110 %. Il livrait de nouvelles fonctionnalités au fil de l’eau. Chez Big Broogle, passé les effets de manche, plus rien.

Les Hangouts pareil : pas un développement depuis des lunes. Mieux, la version ioS est plus avancée que celle d’Android. Bref, l’accident industriel post Google+ est programmé. Que reste-t-il donc de solide ? Le moteur de recherche, les Docs, Android et Youtube.

Le coeur du problème est expliqué dans « How Google works », d’Eric Schmidt. Prétention et suffisance à part, le bouquin nous renseigne sur le souverain mépris des deux fondateurs pour le marketing. Or le marketing, c’est le GPS de l’entreprise. De là à conclure que Big Broogle navigue à vue…

… allons-y gaiement. Tout le marché spécule sur une fusion de chrome OS et d’Android depuis des années. Zilch, nada, niente, peau de z… . Résultat, un Kickstarter a levé plus d’un million USD pour porter Android sur PC et, de facto, faire concurrence à Chrome OS. Et d’un. Cyanogenmod, lui, a annoncé un Android sans Google dans deux ou trois ans. Nutella voulait même y investir. Bref, Android leur échappera bientôt. Et de deux.

A propos de Nutella, son nouveau Windows attaque le moteur de recherche de Google bille en avant : en renvoyant toutes vos infos à Redmond, le nouveau Windows 10 va lui permettre d’optimiser sa pub et de fermer le robinet à dollars de l’Empire. Déjà deuxième sur la recherche en ligne, Microsoft anticipe une augmentation des recherches par Bing de 10 à 15 %. Et de trois.

Bref, battu à plate couture sur les réseaux sociaux, inexistant en messagerie instantanée, attaqué par Microsoft sur le moteur de recherche et par fesse-bouc au niveau vidéo, bientôt dépossédé d’Android,… concluez vous-mêmes.

Certes, ils expérimentent à tout va : il y a la voiture automatique, 23and me, Boston Dynamics et autres aventures zarbies et mal, voire pas connectées du tout au core business. D’une part, cette dispersion même prouve l’absence d’un corporate GPS. D’autre part, dans ces aventures, Big Broogle fait plus figure d’épouvantail que d’éventuel partenaire.

On aimerait leur trouver des domaines prometteurs, tant leur présence nous a facilité le web. Problème : le web a changé et Google est restée la boîte des années 2000. Difficile de savoir si leur futur déclin est dû à l’indolence ou à l’arrogance. Peu importe : sauf feu d’artifice en 2016, l’avenir de Google est derrière lui.

Plex_30Googleplex, 2030

Technossaire F-G

F

Fesse-bouc : vient de lancer son moteur de recherche, basé sur Bing de Microsoft. D’après l’excellentissime Readtheweb, il s’agirait d’un non-événement. Aux États-Unis, le réseau antisocial perd son sang-froid et des membres, tant en son nom propre qu’au niveau de la retouche photo : la moitié des utilisateurs aurait quitté la filiale Instagram.

Fantasme récurrent : le fesse-bouc phone revient à intervalles dans la geekosphère. Reste à savoir à quels seraient ses atouts. D’ailleurs, la majorité des consultations provient déjà de la mobilité.

Tout le problème de Fesse-bouc réside dans une seule phrase : «que m’apporte l’exposition de ma vie au monde entier ? » Si vous y trouvez un intérêt, il est positif d’y contribuer. Reste que le réseau a quelque chose d’une drogue : l’effet de dépendance. La plupart, une fois leur profil créé, se sentent obligés d’y contribuer, jusqu’à l’overdose. Si vous vous déshabituez, le dealer vous enverra des mails de rappel.

Dernier point : il est socialement correct de posséder un profil Fesse-bouc. Raison pour laquelle l’occidental branché ne se conçoit pas sans. Raison pour laquelle aussi les règles biologiques ne s’y appliquent pas. Sur Fesse-bouc personne ne meurt. Au pire, on y est cryogénisé.

Friendfinder : ceci est un vrai fesse-book, à finalité avérée. Bénéficie de moins de buzz mais stimule les pulsions humaines. Peu d’innovations à attendre : Vatsyayana avait tout documenté autour du Ve siècle.

Foxconn : avec 1,2 millions d’employés, Foxconn est le plus grand employeur privé mondial du monde et de la planète, voire de la Terre entière. De leurs usines chinoises, ils produisent pour compte de la vieille pomme, d’HP, de Dell, de Sony, de Lenovo… Les conditions de travail, un rien sommaires, génèrent bien,à intervalles réguliers, un cadavre ou l’autre. Mais cela se passe loin de l’ensoleillée Silicon Valley. Récemment, Foxconn a ouvert une usine au Brésil. On ne sait jamais, au cas où la Chine interdirait de brûler les ouvriers à l’acide. Pour 2013, ils prévoient une usine aux States, complètement robotisée : pas une seule intervention sur place, pas une embauche. La mondialisation c’est quand l’occident subventionne le reste du monde. Le reste du monde, lui, renvoie l’ascenceur à sa façon.

Pour le reste, on prête à son patron l’idée de produire aussi son propre smartphone.

G

Google : Big Broogle pour les intimes. Au départ moteur de recherche, ils sont d’abord une agence de pub. Auteur d’innombrables solutions dont nous profitons gratuitement, en échange de revenus publicitaires, mais pas uniquement (les Google Docs rapportent plus d’1,5Mia USD par an). Côté pile, leur engagement pour l’environnement, côté face leur insistance à tout documenter de nos vies, à l’insu de notre plein gré. Parfois en avance (docs, cloud, android,…), parfois en retard (Google+), on imagine mal le web sans eux. La société semble remise sur les rails depuis la prise en mains par Larry Page (est-ce la raison qui pousse Eric Schmidt à vendre ses actions ?). En tous cas, on discerne une direction et une stratégie. Sans qu’on sache d’où viendra la prochaine innovation, on a déjà été déçus en 2013 : ils n’ont même pas été capables de tuer l’âne du Bostwana.

Parmi les innovations susceptibles d’être poussées cette année, on notera Dart, concurrent de JavaScript ou une nouvelle procédure d’identification, destinée à remplacer les mots de passe, une montre-terminal révolutionnaire, les fameuses Google Goggles pour la réalité augmentée ou encore la voiture sans chauffeur. En parallèle, des produits et innovations seront retirés : Calendar Sync, ou le Nexus Q ne passeront pas l’hiver.

En outre, notons le décollage surprenant des Chromebooks, des laptops de bas de gamme tournant sous Chrome et quelques bouts de linux : 2000 écoles américaines en seraient déjà équipées. On aimerait pouvoir tester en Europe, mais l’empire ne semble pas intéressé.

Enfin, l’agence de pub en ligne pourrait muter de manière radicale dans environ quatre ans. L’annonce de la voiture autonome pourrait, d’après certains analystes financiers, leur rapporter beaucoup plus que le web. Ouf.

Groupon : l’effet d’annonce s’est estompé. Le site d’achats groupés ne surprendra même plus s’il fait faillite.