Ne nous suivez pas sur Fesse-bouc. Please.

L’élection américaine a mis en lumière les mouvements tectonico-sociaux au sein de certaines sociétés occidentales. Une catégorie sociale perd ses repères et tente de remonter à l’arbre. Elle aimerait fuir ces environnements qui se complexifient et leur Occident qui ne dicte plus sa loi. Dans Idiocracy, ils ont attendu 2500 pour remonter à l’arbre et élire le président Camacho. La science-fiction recèle parfois des aspects amortissants. L’irréparable étant comis, l’heure est à l’analyse. Au rang des coupables, le réseau social fait figure d’accusé.

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Technossaire F-G

F

Fesse-bouc : vient de lancer son moteur de recherche, basé sur Bing de Microsoft. D’après l’excellentissime Readtheweb, il s’agirait d’un non-événement. Aux États-Unis, le réseau antisocial perd son sang-froid et des membres, tant en son nom propre qu’au niveau de la retouche photo : la moitié des utilisateurs aurait quitté la filiale Instagram.

Fantasme récurrent : le fesse-bouc phone revient à intervalles dans la geekosphère. Reste à savoir à quels seraient ses atouts. D’ailleurs, la majorité des consultations provient déjà de la mobilité.

Tout le problème de Fesse-bouc réside dans une seule phrase : «que m’apporte l’exposition de ma vie au monde entier ? » Si vous y trouvez un intérêt, il est positif d’y contribuer. Reste que le réseau a quelque chose d’une drogue : l’effet de dépendance. La plupart, une fois leur profil créé, se sentent obligés d’y contribuer, jusqu’à l’overdose. Si vous vous déshabituez, le dealer vous enverra des mails de rappel.

Dernier point : il est socialement correct de posséder un profil Fesse-bouc. Raison pour laquelle l’occidental branché ne se conçoit pas sans. Raison pour laquelle aussi les règles biologiques ne s’y appliquent pas. Sur Fesse-bouc personne ne meurt. Au pire, on y est cryogénisé.

Friendfinder : ceci est un vrai fesse-book, à finalité avérée. Bénéficie de moins de buzz mais stimule les pulsions humaines. Peu d’innovations à attendre : Vatsyayana avait tout documenté autour du Ve siècle.

Foxconn : avec 1,2 millions d’employés, Foxconn est le plus grand employeur privé mondial du monde et de la planète, voire de la Terre entière. De leurs usines chinoises, ils produisent pour compte de la vieille pomme, d’HP, de Dell, de Sony, de Lenovo… Les conditions de travail, un rien sommaires, génèrent bien,à intervalles réguliers, un cadavre ou l’autre. Mais cela se passe loin de l’ensoleillée Silicon Valley. Récemment, Foxconn a ouvert une usine au Brésil. On ne sait jamais, au cas où la Chine interdirait de brûler les ouvriers à l’acide. Pour 2013, ils prévoient une usine aux States, complètement robotisée : pas une seule intervention sur place, pas une embauche. La mondialisation c’est quand l’occident subventionne le reste du monde. Le reste du monde, lui, renvoie l’ascenceur à sa façon.

Pour le reste, on prête à son patron l’idée de produire aussi son propre smartphone.

G

Google : Big Broogle pour les intimes. Au départ moteur de recherche, ils sont d’abord une agence de pub. Auteur d’innombrables solutions dont nous profitons gratuitement, en échange de revenus publicitaires, mais pas uniquement (les Google Docs rapportent plus d’1,5Mia USD par an). Côté pile, leur engagement pour l’environnement, côté face leur insistance à tout documenter de nos vies, à l’insu de notre plein gré. Parfois en avance (docs, cloud, android,…), parfois en retard (Google+), on imagine mal le web sans eux. La société semble remise sur les rails depuis la prise en mains par Larry Page (est-ce la raison qui pousse Eric Schmidt à vendre ses actions ?). En tous cas, on discerne une direction et une stratégie. Sans qu’on sache d’où viendra la prochaine innovation, on a déjà été déçus en 2013 : ils n’ont même pas été capables de tuer l’âne du Bostwana.

Parmi les innovations susceptibles d’être poussées cette année, on notera Dart, concurrent de JavaScript ou une nouvelle procédure d’identification, destinée à remplacer les mots de passe, une montre-terminal révolutionnaire, les fameuses Google Goggles pour la réalité augmentée ou encore la voiture sans chauffeur. En parallèle, des produits et innovations seront retirés : Calendar Sync, ou le Nexus Q ne passeront pas l’hiver.

En outre, notons le décollage surprenant des Chromebooks, des laptops de bas de gamme tournant sous Chrome et quelques bouts de linux : 2000 écoles américaines en seraient déjà équipées. On aimerait pouvoir tester en Europe, mais l’empire ne semble pas intéressé.

Enfin, l’agence de pub en ligne pourrait muter de manière radicale dans environ quatre ans. L’annonce de la voiture autonome pourrait, d’après certains analystes financiers, leur rapporter beaucoup plus que le web. Ouf.

Groupon : l’effet d’annonce s’est estompé. Le site d’achats groupés ne surprendra même plus s’il fait faillite.