Sacha Googly

L’avantage de réagir, c’est qu’on se situe après l’événement. Pour la frime, ça glisse tout seul. Par contre, on a aussi le temps d’analyser.

L’affaire du mémo sexiste de Google se prête à merveille à l’analyse. Au départ, un développeur de l’Empire se lâche dans un exercice de philosophie digne d’une Yugo d’occasion. Sous des apparences et une structure bien académique, il assemble des postulats sans fondement, ni références, des vérités décretées par lui-même. Rien de tel pour arriver aux conclusions voulues. 

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Aïe aïe aïe (phone)

16 pourcent d’ail phone en moins, 19 % d’ail pattes et 12 % de Macs en moins au premier trimestre de 2016. Pourtant, ce sont des beaux objets en alu et même Obama en a un (et moi j’en ai deux aurait rétorqué mon adjudant). L’explication du chef laisse pantois :

Notre équipe a très bien travaillé, au vu de l’environement macro-économique hostile….

Enchaînement prévisible, on sort l’attirail comptable classique : rachats d’actions et promesse d’augmentation régulière du dividende. Soit mais ça reste de la finance. C’est au niveau produits que le bât blesse.

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zim! zim! boum! boum!

Point d’exclamation : signe de ponctuation qui suit toujours une exclamation. Ici, le point ponctue la fin de la revanche d’une blonde. Marissa et son Yahoo vont se faire racheter à partir de ce soir. Ceci clôturera quatre ans de management zim zim boum boum.

On Henri en rit. Pourtant c’est avec une certaine nostalgie qu’on contemple la disparition du dernier brontosaure webeux. Fini les « my yahoo », les nouvelles thématiques, le compte @yahoo.xx ou la météo sous Netscape. On esquisse un sourire triste en pensant à ce cours de bourse à plus de 100$ en 2000. On s’éponge le front une dernière fois à la vue du cours en septembre 2001 : autour de 8$. On a bien fait de ne pas mettre les pieds là-dedans.

yaaahooooo Lire la suite

Au pied de la lettre (de l’alphabet)

A peine 36 heures après notre article pessimiste quant à leur capacité à innover, voici la première approche de réaction : Alphabet. Pas de doute, ils lisent ce blog. Ils nous ont pris au pied de la lettre.    

Voici donc Alphabet, société parapluie (non, pas holding) sous laquelle on trouvera tout l’Empire mais autrement. Sous l’ombrelle, celui qui prend le plus de place c’est Google himself, y compris tous les sous-produits ( maps, photos, Gmail, Chrome, Android, Youtube,…).  Son patron, c’est Sundar Pichai, la « tête à tout faire, dès qu’on a un problème ». A ses côtés, toutes les autres entreprises, telles que les ballons à Internet, Wing (drones), les projets X, les deux sociétés Ventures et Capital (devinez) et les sociétés du secteur de santé. Chacune rapportera ses résultats vers Page, Brin et Schmidt, les présidents, CEO et executive CEO d’Alphabet.  Incidemment, on avait déjà conseillé à Billou et Big Steve de faire pareil chez eux voici une demi-douzaine d’années.

Bien entendu, la bourse est aux anges : l’action a pris 6% en un soir. A titre de comparaison, 6% de leur capitalisation représente davantage que la valeur boursière de Twitter. A tout hasard, il se chuchote, dans les milieux autorisés, que l’oiseau bleu pourrait bientôt être capturé par le parapluie d’Alphabet. Coup de bol, l’appréciation de l’action leur offre Twitter gracieusement.

Pourquoi embrayer sur la bourse ? Parce que, par ailleurs, ils ont dû traduire notre post de dimanche avec Google Translate : la création d’Alphabet ne règle rien quant à l’obsolescence de leurs services. Aucune annonce sur la gestion de l’innovation, aucune nouvelle vision stratégique,… Nous sommes face à une restructuration interne, destinée à flatter les marchés. Elle vise aussi probablement à endiguer la fuite des cadres. Pour le reste, nos conclusions de dimanche restent d’actualité.

De quoi donner raisons aux blogs américains, pour lesquels Big Broogle est devenue une société ch…. Pas sûr qu’un autre film sur des stagiaires désireux de rejoindre Alphabet changera cette perception.

Plex_umbrellaAlphaplex, 2030. On a mis le vélo sous le parapluie aussi

Google –

Le moteur de recherche du web n’obligera plus à passer par son réseau asocial au nom idiot pour se connecter à youtube. L’énoncé peut paraître anecdotique ; il révèle pourtant un état semi-comateux. Malgré des profits en augmentation, on cherche en vain le médecin et les assistances respiratoires pour ramener le patient à la conscience.

De l’extérieur, il semble que le désastre de Wave ait marqué Big Broogle au fer rouge. Wave était conçu comme le nouvel outil de communication 3.0. Il incluait une messagerie instantanée, des news, une plate-forme d’édition interactive, … bref l’outil universel. Premier bémol, une invitation était requise. Deuxième bémol, on y accédait par une adresse @wave.com. Gmail raus. Résultat : des utilisateurs incapables de dialoguer avec leurs contacts habituels, impatience et frustration face au nouveau réseau à la croissance trop lente. Après quelques mois, Wave fut placé en logiciel libre, manière diplomatique de signifier sa fin, sans fleurs ni couronnes.

Depuis lors, on trouve les mêmes symptômes à chaque enterrement : un concept séduisant sur papier, mal marketé, sans support du top management. Perte de crédibilité après quelques mois et mise en bière.

Aujourd’hui le glas sonne pour Google+. Lancé à gros renforts de déclarations et d’effets de manches, Google+ devait empêcher l’essor de fesse-bouc. Mais derrière fesse-bouc, on trouvait un management dédié, impliqué à 110 %. Il livrait de nouvelles fonctionnalités au fil de l’eau. Chez Big Broogle, passé les effets de manche, plus rien.

Les Hangouts pareil : pas un développement depuis des lunes. Mieux, la version ioS est plus avancée que celle d’Android. Bref, l’accident industriel post Google+ est programmé. Que reste-t-il donc de solide ? Le moteur de recherche, les Docs, Android et Youtube.

Le coeur du problème est expliqué dans « How Google works », d’Eric Schmidt. Prétention et suffisance à part, le bouquin nous renseigne sur le souverain mépris des deux fondateurs pour le marketing. Or le marketing, c’est le GPS de l’entreprise. De là à conclure que Big Broogle navigue à vue…

… allons-y gaiement. Tout le marché spécule sur une fusion de chrome OS et d’Android depuis des années. Zilch, nada, niente, peau de z… . Résultat, un Kickstarter a levé plus d’un million USD pour porter Android sur PC et, de facto, faire concurrence à Chrome OS. Et d’un. Cyanogenmod, lui, a annoncé un Android sans Google dans deux ou trois ans. Nutella voulait même y investir. Bref, Android leur échappera bientôt. Et de deux.

A propos de Nutella, son nouveau Windows attaque le moteur de recherche de Google bille en avant : en renvoyant toutes vos infos à Redmond, le nouveau Windows 10 va lui permettre d’optimiser sa pub et de fermer le robinet à dollars de l’Empire. Déjà deuxième sur la recherche en ligne, Microsoft anticipe une augmentation des recherches par Bing de 10 à 15 %. Et de trois.

Bref, battu à plate couture sur les réseaux sociaux, inexistant en messagerie instantanée, attaqué par Microsoft sur le moteur de recherche et par fesse-bouc au niveau vidéo, bientôt dépossédé d’Android,… concluez vous-mêmes.

Certes, ils expérimentent à tout va : il y a la voiture automatique, 23and me, Boston Dynamics et autres aventures zarbies et mal, voire pas connectées du tout au core business. D’une part, cette dispersion même prouve l’absence d’un corporate GPS. D’autre part, dans ces aventures, Big Broogle fait plus figure d’épouvantail que d’éventuel partenaire.

On aimerait leur trouver des domaines prometteurs, tant leur présence nous a facilité le web. Problème : le web a changé et Google est restée la boîte des années 2000. Difficile de savoir si leur futur déclin est dû à l’indolence ou à l’arrogance. Peu importe : sauf feu d’artifice en 2016, l’avenir de Google est derrière lui.

Plex_30Googleplex, 2030

Reprise des austérités

On avait déjà indiqué ici tout le mal qu’on pensait des laptops Toshiba Satellite. Comme chez Tosh, ils étaient d’accord, le mien a rendu l’âme voici deux semaines, d’où mon silence webeux. Heureusement, j’ai dégoté un Asus K55A à un excellllent rapport qualité-prix. Le temps d’installer Linux Mint Nadia sous Cinnamon et me voilà à polluer à nouveau l’éther.  Ca tombe pile : un article lu ce weekend m’a rendu très nerveux ; je ne pouvais pas garder ça pour moi.

L’Allemagne  amoureuse de la Grèce , la France obnubilée par Hercule contre Maciste, c’est dans un canard luxo que je découvre la bombe : ArcelorMittal n’existe pas.

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