Comment se débarrasser des mites ?

J’ignore pourquoi le reste de la toile n’en a pipé mot mais le jugement de la Cour de Justice de l’UE prononcé la semaine dernière pourrait faire des vagues dans l’UE. L’excellllllent « Siècle Digital » relate en effet un prononcé au potentiel assez intéressant pour l’avenir du logiciel libre en Europe . Le silence des médias supportés par la pub des grands éditeurs classiques, est lui, à contrario, très éloquent.

Contexte : une institution belge avait acheté une application à un éditeur du même pays. Après déploiement, l’institution trouve un bug, le signale. L’éditeur y réfléchit intensément, point barre. A bout de patience (un comble pour une institution), la cliente décide de décompiler les sources, de corriger les bugs et basta.

Vexé l’éditeur attaque en justice. Après tout, s’ils ont décompilé, ils ont peut-être aussi copié et que fait-on de NOS droits d’auteur et blablaba. Or, in your face, la Cour de Justice de l’UE décide que le client avait le droit puisque l’appli était pourrave.

Ceci rappelle les débuts de la Free Software Foundation, née à cause d’un bug dans un driver d’imprimante. La société n’a pas voulu corriger, Stallman a réécrit de pilote et l’a posté en libre. Il a alors étendu sa réflexion et a décidé que le Libre était la seule voie possible pour les logiciels.

Pour les logiciels il est peut-être trop tard (l’humain est très grégaire par nature et je reste poli). Pour l’Europe par contre, une porte vient de s’ouvrir. Tout dépend maintenant de la définition et des circonstances du bug. Les applis d’un grand éditeur d’OS, de suite bureautique et de tant d’outils très répandus dont l’énumération serait fastidieuse…, ces applis sont en général marquées de l’un ou l’autre défaut. Elles donneraient donc le droit à correction de leur suite bureautique ou de T…. ou encore…

La suite serait délectable, d’autant que pour des logiciels vastes, les bugs sont quasi-inévitables. Surtout chez les vendeurs de licences, tous férus de la règle des 80/20. Attendre la version 1.1 d’une appli, si vous voulez éviter les écrans bleus de la mort qui tue, est aujourd’hui devenu sagesse populaire au même titre que « brouillard en novembre, Noël fin décembre » (nous avons eu bien du brouillard ces derniers jours ma bonne dame).

En fait, le jugement ouvre plus de perspectives positives que négatives : d’abord, la qualtié des productions vendues sur le Vieux Continent devrait s’améliorer. Par contre, le piratage risque de repartir en Europe. Mais le logiciel libre aussi se voit offrir une seconde chance. Or votre blog a toujours prétendu (et nous le soutiendrons jusqu’à notre dernier souffle) que le Libre est l’avenir de l’Europe, le liciencié est devenu un monopole de fait, protégé par l’Oncle Sam.

Le jugement de la Cour de Justice de l’UE aurait mérité davantage de publicité. Le silence des médias, sites et autres blogs (à l’exception de Siècle Digital) interroge. Il ouvre pourtant des perspectives au développement du Libre dans l’UE. Il devrait à terme aussi contraindre les méga-éditeurs de produits très moyens à hausser le niveau de leurs productions.

Se débarraser des mites ? Il faut laisser les fenêtres fermées