Zuckerbook

Le web pilonne la nouvelle cette semaine: le réseau asocial de Zuck va changer de nom. Si vous avez vu « The Social Network », vous vous rappelez que la dernière modification sur ce plan a consisté à ôter l’article « The »  du titre. Doit-on s’attendre à un retour de « The Facebook ? »

Les boîtes à Marc sont sous pression, de la part des autorités américaines spécialement. Les régulateurs envisagent l’éclatement de son empire en trois entités, un « de-merger » . Dans ce contexte, le Zuck se débat comme un diable dans un bénitier. Son dilemme : il sait ses réseaux toxiques, abêtissants et abrutissants mais il en vit plutôt bien. Il est devenu la cinquième fortune mondiale, à un chouia de Billou le Queutard.

Sa dernière trouvaille donc : Fesse-Bouc va changer de nom. On pense à Zuckbook, Toxicbook, Perv’book, Crookbook, Cattlebook, Moronbook ,… Ou alors, il concède : il reconnaît ce que votre blog affirme depuis des années, son réseau est le plus grand site porno du monde. Et par analogie à Jacquie et Michel, il penche pour Sherryl and Mark.

Sans doute, aucun des noms ci-dessus ne conviendra à sa vision de Metavers, la fusion de la réalité et le virtuel, dans une sorte de réalité augmentée, qu’il contrôlera totalement (en conséquence, il contrôlera vos vies). Pour ce projet, il envisage 10 000 emplois en Europe….

… 10 000 emplois, quelle bénédiction pour le Vieux Continent, s’extasiait la presse ce week-end.

Ben non, la presse, tu as tout faux, c’est même le contraire. Tous les pays européens manquent de développeurs. Des projets importants sont bridés, prennent plus de temps à être livrés. Les grandes SSII prospectent les écoles d’ingénieurs à qui mieux mieux afin de « réserver » les nouveaux talents avant leur arrivée sur le marché de l’emploi.

Un contexte qui retourne « l’opportunité » de Zuck en problème appelé à empirer. L’Europe n’a pas besoin d’un appel d’air susceptible de détourner les talents véritablement utiles à la Société. A l’inverse, on désespérerait de voir les BAC+5 quitter les entreprises productives pour aller pisser des lignes de Python à finalité perverse. On en vient d’ailleurs à se demander pourquoi l’Europe, quand l’usine de développement du monde se trouve en Inde.

La Justice américaine en tous cas, n’a pas l’intention de baisser les bras. Elle vient d’annoncer la mise en examen de Zuck pour son rôle (son non-rôle ?) dans l’affaire Cambridge Analytica. Ce qui nous ramène ua deuxième paragraphe ci-dessus.

En gros, Fesse-Bouc est dans l’actualité pour toutes les mauvaises raisons . D’abord, un changement de nom ne peut être que l’aboutissement d’un redéploiement stratégique. S’il a pour simple but de se racheter une virginité, c’est raté avant même de commencer. Dans la mesure où le metavers reste un concept éthéré, on tendra vers la deuxième option.

Ensuite, les régulateurs américains ont plus de support qu’espéré. Le public, lui aussi, penche de plus en plus pour un éclatement, ce qui rend l’événement toujours plus vraisemblable.

Enfin, la mise en examen de Zuck himself ne sent pas bon. Le juge d’instruction indique y procéder après avoir pris son temps et conclu que le Mark n’a rien fait pour protéger l’anonymat des données Fesse-bouc lors de leur passage vers Cambridge Analytica. Pire, elle arrive après des rumeurs de licenciement potentiel de la numéro deux, Sheryl Sandberg, le mois dernier. Bref, voilà l’enfer dirigé par un Lucifer et son chauffagiste tous deux vacillants. When hell freezes over ?

Un commentaire sur “Zuckerbook

  1. Super article 🙂 hésites pas à venir faire un tour sur mon site Intel-blog.fr et à t’abonner si ça te plaît 🙂

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