Pourquoi j’ai mangé twitter

Le 21 juillet dernier, le site twitter de « Complots Faciles » (très drôle au deuxième voire troisième degré) comparait les délires antivax à une campagne de pub des années ‘70 . La réclame de l’époque prétendait que la ceinture de sécurité tuerait plus de personnes qu’elle n’en sauverait.

Comme le site est humoristique au deuxième degré, je commente : « Quoi, ils veulent nous fourguer des ceintures qui vaccinent ? Et y introduire la puce 5G obligatoire? »

Ben oui, on est au 2e, 3e degré. Par ailleurs, je confirme être vacciné depuis le 17 mai 2021. Seulement, l’oiseau bleu est réellement un crâne de piaf : une minute s’écoule et je reçois ceci :

J’ai la possibilité de faire appel, je m’exécute et explique que j’étais au 2e degré (vous ne pouvez pas vous étendre, la limite des 280 caractères s’applique aussi pour un appel). Je reçois quelques minutes plus tard la confirmation de ma suspension. Seule solution pour débloquer mon compte : supprimer mon commentaire.

Depuis, plus rien. Je n’ai aucune conscience d’avoir enfreint quoi que ce soit. La tête de linotte, elle ne comprend pas l’humour au second degré, d’où situation bloquée. Il est vrai que programmer des algorithmes capables de comprendre l’humour au second degré, ça doit être coton. Surtout quand on voit la qualité des développements chez Twitter…

Situation bloquée donc, jusqu’au 11 octobre, où le décès d’un contact me rappelle l’existence de mon compte. Je veux consulter son état et trouve à nouveau une injonction : « nous exigeons… ».

Pas question de supprimer, en mon âme et conscience, je ne ressent aucune culpabilité. Par contre, je veux accéder à minima aux paramètres du compte. Impossible. En désespoir de cause, je supprime le twit contesté. Logiquement, dans la minute suivante, je désactive mon compte. « Désactive », oui, car Twitter, c’est Hotel California : tu peux faire ton check out quand tu veux mais tu ne peux jamais quitter. Bref, j’ai claqué la porte.

Depuis longtemps, ce blog alerte de la perversité des réseaux asociaux sur l’Internet global. J’étais déjà très heureux d’avoir fermé mon compte Fesse-bouc l’an dernier. Et à y réfléchir, je suis très satisfait des trois mois de purgatoire twittesque.

D’une part parce que dans l’intervalle Kaboul est tombée aux mains des Taliban. Lesquels recourent aux comptes Twitter. Et ce dernier a fait savoir qu’il n’avait aucune intention de les bloquer. Au moins, je ne me trouve plus dans le même panier.

D’autre part, le sevrage m’a rendu le goût du monde réel, de la lecture et des activités à concentration longue. En outre, propriétaire d’un blog, je m’exprime sur le web quand l’envie m’en prend, sans autre censure que ma conscience. D’ailleurs, depuis bientôt 15 ans, ce blog n’a cessé d’arguer que la seule liberté d’édition sur Internet, c’était de posséder son propre site. Les réseaux asociaux, eux, vous rendent esclaves de leurs besoins (du pognon, du pognon, du pognon), contrôlent votre contenu et, somme toute, font de vous des cons tenus. Rappelez-vous que chez Zuck ou chez Dorsey, vous utilisez d’abord l’ordinateur d’un autre…

Aujourd’hui, finies les alertes intempestives sur les twits de Tom, Dick et Harry. Finies, les relances incessantes destinées à vous faire revenir à la plate-forme, afin de mieux monétiser celle-ci. Oubliés les : « nous sommes heureux de vous revoir, Jean-Luc ». Ah oui, on se connaît ?

Finie donc, l’hypocrisie qui consiste à recenser en permanence mes « amis ». Vous n’avez pas d’AMIS virtuels, tout juste des connexions intéressées (ou pas) à vous lire ou à compter un maximum de connexions.

Le hasard aura voulu que la rupture ci-dessus coïncide avec la lecture d’un bouquin en plein sur la thématique : LA CIVILISATION DU POISSON ROUGE. L’auteur y traite de l’influence néfaste des réseaux asociaux sur Internet via différents angles : historique, culturel, philosophique, … On décèle d’emblée une culture encyclopédique capable d’analyser le web avec envergure et sagacité. Ce livre devrait être obligatoire avant l’ouverture de tout compte sur les réseaux asociaux…

A la prochaine,

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