The shit is going to hit the fan…

En bon français : « ça va chier dans les ventilos ».

Voici 15 jours, ma société a présenté un candidat à un poste de développeur informatique auprès d’une Institution européenne. Un des motifs du refus fut : « connaissance insuffisante de l’anglais ». Bien sûr après, on rajoute une tonne d’explications selon le principe bien huilé de « qui veut battre son chien trouve toujours un bâton ».

Si nous nous fendons d’un article sur ce blog aujourd’hui, c’est que la pilule ne passe pas : depuis le 1er janvier 2021 à 0H01, la langue de Shakespeare n’a plus rien à foutre dans les couloirs des institutions européennes. S’il reste bien utilisé en Irlande et à Malte, ces pays avaient demandé, lors de leurs adhésions respectives, que soient adoptés le Gaélique et le Maltais. Bref, Bojo dehors, on conduit à droite et on parle des langues honnêtes (l’anglois étant le sabir de la perfide Albion).

Nous ne demandons pas que soit imposé le Français par défaut. Nous parlons tous plusieurs langues, six dans notre cas. Nous demandons simplement qu’un processus soit poussé jusqu’à sa fin logique et que ceux qui sont restés fidèles à l’UE en obtiennent une petite récompense.

Sur papier, tout ceci paraît procédural et un peu chicaneur. Mais quand on refuse un poste à une personne sous un prétexte spécieux, la querelle de clocher fait place à un drame humain : le candidat, français, est en disponibilité, a plus de vingt ans d’expérience dans les technologies recherchées et a donné satisfaction à ses employeurs précédents. Cerise sur le gâteau, c’est un vrai geek qui s’investit dans des projets personnels et affiche un caractère amène. Malgré tout, il risque le chomedu pour un faux problème.

Tout ceci pour informer Herr … et tous ses collègues, que si prochaine fois il devait y avoir, nous nous adresserions à l’Obudsman de l’UE, sans autre préavis. Nous n’y irons pas de gaîté de cœur : en effet, notre démarche révèle en creux, le vide sidéral créé par l’irrésolution des autorités (?) européennes : la question des langues véhiculaires aurait dû être traitée avant la fin de 2020. Comme pour les vaccins, le manque de leadership à la tête de l’Union génère des frustrations et impacte le vulgum pecus. Il ne serait pas normal que ce dernier ne génère pas quelques victimes collatérales.

A bon entendeur…