Cloud européen : T’es mignon mais tu es un petit Breton

En fait, la réplique-culte de la Tour Montparnasse Infernale s’applique à merveille au dernier enfumage.eu.

Pourtant, au début on y croyait : Breton débarquait à Bruxelles, fort de son expérience dans la plus grosse SSII mondiale, Atos. « Il vient de là, lui, il s’y connaît, non ? » Oui, peut-être même trop bien. Ou alors, il s’occupait des gommes et crayons chez Atos.

A son arrivée, il était question de l’indépendance numérique de l’EU et de la mise au pas des GAFAM. Deux objectifs en cinq ans, même pour un eurocrate, ça semble atteignable.

Commençons par la mise au pas des GAFAM. Deux timides directives sur lesquelles la presse s’est attardée en page 16, entre les mots croisés et les problèmes du PSG. Des mesures légales, bien entendu. Rien de technologique. Traduisez Breton tu n’as rien à dire c’est Margrete Vestagher qui est à la manœuvre. Pendant ce temps, aux States, 48 États se sont coalisés pour obtenir l’éclatement de Fesse-bouc (FB, Whatsapp et Instagram redeviendraient des sociétés autonomes). Comble de la honte, les USA vont régler eux-mêmes une cause dont l’Europe se faisait le pourfendeur depuis des lunes. Si l’initiative aboutit, la porte sera ouverte pour des procédures similaires contre Amazon, Google, Microsoft et Apple. Auquel cas, l’UE aura brassé de l’air, les States auront fait le job.

Reste donc l’indépendance numérique de l’Europe. Là, on a du concret le cloud européen va voir le jour. Ce sera une belle forteresse, avec plein de nobles partenaires européens. L’initiative s’appelle Gaia-X. Elle compte en ses rangs le gratin franco-allemand : Siemens, SAP, Bosch, Orange, Atos (tiens), OVH, Safran, EDF, etc, etc. Bref la crèèèème de la crèèèème.

Et ça démarre bien : Gaia-X met en commun des ressources d’hébergement des partenaires, leur ouverture au grand public et le développement d’applications (l’intelligence artificielle en ligne de mire). Ayéééé, l’Europe prend son autonomie numérique.

Or, l’avant dernière semaine de l’an de grâce 2020, moment où les Européens opèrent le choix crucial entre le chapon et la dinde, la vraie presse professionnelle se trouve trop occupée par le Covid et son vaccin, par les catholiques privés de messe de minuit, sans compter les licenciements de coaches sportifs. Pas le temps de se demander « au fond, tout se passe bien sur le front de Gaia-X ? »

Et c’est tant mieux.

Parce que LA nouvelle pertinente pour tous les geeks, c’est une catastrophe thermo-nucléaire. Gaia-X l’outil d’indépendance numérique européen, la fierté du Vieux Incontinent (pendant au moins trois mois et demi), se voit métastasé par Palantir, ni plus ni moins,

Palantir, la boîte de Peter Thill, troisième actionnaire de Fesse-bouc, support indéfectible de l’autre avec son renard crevé sur la tête, infiltre dès la création, la forteress numérique de l’UE. Si le pedigree du boss ne vous persuade pas, voici en deux mots, l’activité de cette sympathique organisation.

Palantir, pour faire simple, c’est le Cambridge Analytica des services secrets. Pas uniquement la CIA comme semble le suggérer le gentil Siècle Digital, mais aussi la NSA, les British, et tant d’autres provinces dont l’énumération serait fastidieuse. Ce sont donc ces gentils et désintéressés américains qui vont extraire les données de notre bastion d’indépendance numérique. Pour les revendre à Langley, Virginia ?

Conclusions :

1. Cette Commission avait deux objectifs en matière de numérique : le premier va leur être soufflé par les Américains. Le deuxième est infiltré par la pire des sociétés numériques de ce monde. Zéro pointé donc. Après un an de Von der Leyen, on s’aperçoit qu’en plus de n’avoir aucune politique de santé, l’UE échoue, une nouvelle fois, comme une bouse dans les TIC.

2. Gaia-X perd, dès l’instant où la boîte à Peter Thill la rejoint, toute raison d’être. Perso, je préfère encore avoir mes données sur Google. Au moins, j’ai une idée de leur utilisation.

3. De l’autre côté du tunnel, on prétend que, là où il y a une volonté, il y a un chemin. Au-delà des déclarations tonitruantes de la grande commission, sa volonté d’autonomie numérique s’apparente au « Cri » d‘Edvard Munch.

4. C’est vrai que son brushing très soigné donne à Breton un air mignon