Ouistitis

LA nouvelle de la semaine c’est, bien évidemment, que Maci Currin, 17 ans, originaire du Texas, a les plus longues jambes du monde.

Sinon, on se demandait aussi à midi ce qui pourrait provoquer le cataclysme financier tant attendu. On n’a pas trouvé, on s’est quitté.


Et ce soir, paf… Un article tiré de l’adn.eu nous apprend que la pub en ligne ciblée, à la sauce Fesse-bouc ou Big Broogle, c’est du flan. C’est d’ailleurs un ancien de l’Empire qui l’affirme. Il s’appelle Tim Hwang.

C’est drôle, quand même, je viens de faire une recherche sur Tim Hwang. Le moteur de recherche de Big Broogle ne semble pas vraiment lui accorder d’importance et le place sur pied d’égalité avec un chanteur américano-coréen. Histoire de noyer le poisson ? Au dessus des poissons, nagent les canards. Et Duck Duck Go, lui sait précisément sur qui se concentrer…

Quoi qu’il en soit et quoi qu’ouïsse l’ouïe de l’oie, ce soi-disant enfumage génère environ le PIB du Danemark. Il a permis à trois gentlemen de se classer dans le top 20 des milliardaires, selon Forbes (Zuck, Page et Brin). Mieux (ou pire), il constitue la colonne vertébrale de la gig economy, moteur (un peu grippé) de la Silicon Valley. Non seulement les deux gorilles du Web semblent bouffis mais toute la filière en aval peut être impactée : les spécialistes du web marketing, les data scientists, et même les usines à clicks du Pakistan ou du Bangladesh. Et je ne vous parle pas des Venture Capitalists.

Flash back de 20 ans. Vous vous rappelez Ariba ? Non ? En 1999, l’action frôlait les 100 USD sur le Nasdaq. Début 2001, elle merdouillait autour de 8,50 USD. Aujourd’hui la boîte fait partie de SAP. Idem Yahoo, qui ne s’est jamais relevé et a fini, lui aussi, absorbé, broyé, malaxé. A cette époque, LA métrique c’était le « click per million », le nombre de clicks générés par million de visiteurs uniques d’un site donné. Ils étaient supposés représenter un certain pourcentage d’acheteurs potentiels. C’était l’enfumage 1.0.

« …oui mais là, tu exagères, tu ne vois pas Google faire partie de Dell ou Facebook racheté par HP ? »

Ben si.

Les banques centrales, béquilles des économies trop endettées, ont déjà absorbé beaucoup de dette privée. Leurs poches sont extensibles tant que la confiance internationale perdure. C’est surtout vrai pour l’Occident. Imaginons que la Chine tire la prise de la dette américaine : la Fed ne peut plus suivre, elle doit se concentrer sur la dette du pays. Wall Street crashe. L’économie classique se reprend après 18 mois. Les gorilles du web par contre restent à l’état de ouistitis, leurs actions à l’état de monnaie de singe. Brin et Page doivent vendre leur Boeing privés et rendre la piste atterrissage leasée à la NASA. Dramatique…

… surtout pour Google : la boîte qui ne croit pas au marketing ne génère plus d’idées nouvelles depuis une dizaine d’années. En retard sur quasi toutes les opportunités de marché, ils sont incapables de sortir de la trilogie : moteur de recherche, G Suite, Android. Absent des részosociaux, raté la visioconférence, en retard dans le Cloud,… retirez-leur les adwords et il leur reste, en gros, GSuite, en voie de ringardisation par rapport à Slack ou Teams.

Fesse-bouc aussi voit ses premières rides dans le miroir : pas assez hype vis à vis de Snap et débordé par Tik Tok, le rézosocial aggrège aujourd’hui les 50+. Quant à WhatsApp, de plus en plus de gens soucieux de leur vie privée lui préfèrent Signal ou Threema.

Voici 20 ans, on se doutait, avant l’éclatement de la bulle Internet, que les clicks per millions c’était de l’air chaud. Aujourd’hui, nous venons d’apprendre que les adwords et consorts sont du même tonneau, version 3.0. Le crash de l’an 2021 n’est plus très loin. Achetez de l’or et repentez-vous (dans l’ordre chronologique).

A gauche Google, à droite Fesse-bouc. Ça fait moins peur, du coup