Enfin…

Quand c’est moi, tout le monde s’en fout. Et pourtant ça fait au moins cinq ans que ce blog émet la même prédiction : Windows deviendra un GUI de Linux à terme. Et quand c’est Eric Raymond, vous commencez à le croire (bon d’accord, lui parle d’un émulateur) ?

En fait notre raisonnement est le même et il est simplissime : de plus en plus de facteurs amènent Microsoft à délaisser la version PC de Windows. D’une part le cloud et ses applications disponibles sous browser. Sous MS Edge, par exemple. Pour lequel Redmond vient d’annoncer une version Linux. A l’époque, Big Steve professait : aucun sens de porter sur une plateforme qui n’a pas au moins 10% de part de marché ? Qu’est-ce qui pourrait bien justifier ce virage à 180° ?


Ensuite, la fidélisation du client : aujourd’hui, le client a bien plus d’intérêt à Office 365 qu’à Windows même. Pourquoi donc continuer à développer un OS qui a raté Internet, qui ressemble à une version primitive de KDE et qui travaille toujours avec l’immonde Registry ? Le client tenu par Office, Nutella pourra donc s’économiser des développements peu rentables et peu créatifs…

Après, mentionnons les relations quasi incestueuses avec la Linux foundation : Microsoft en est devenu un des plus gros contributeurs et un important développeur itou. Au point de faire fuire Big Broogle, lequel s’est mis à créer Fuchsia, son futur OS propriétaire sur un kernel propre. Comme on dit au pays du Brexit : « Good luck with that »…

Enfin, les relations avec Ubuntu : on a l’impression que Shuttleworth et Nutella sont en lune de miel depuis trois ans. Le premier bébé s’appelle WSL : Windows Subsystem for Linux. Ça n’a l’air de rien WSL, mais c’est en grande partie responsable du doublement de part de marché d’Ubuntu depuis le début du confinement.

Un Windows GUI sur kernel Linux (voire même Ubuntu) permettrait de tourner définitivement la page sur les débuts de Microsoft et sur l’ère Gates-Ballmer. Il permettrait aussi à Redmond de disposer d’un OS bien structuré, beaucoup mieux sécurisé et surtout d’affecter les développeurs à des tâches bien plus gratifiantes. Il permettrait surtout de repositionner la société comme acteur majeur du cloud et des technos d’avenir. Quand c’est moi qu’il l’écrit tout le monde s’en fout. Avec Eric Raymond, j’ai moi aussi, doublé ma part de marché. A vous de réfléchir, pauvres hères.

C’est quand même trop la seucla, non ?