Pacman vert

D’abord une introspection après la mise à jour d’Ubuntu me contraint à conclure à un Linux de plus en plus spyware (selon les mots de Richard Stallmann, l’ex gourou de l’EFF). Il est vrai qu’à plusieurs reprises, Cannonical vous demande remonter des informations vers eux. Ensuite, Amazon est toujours présent dans la barre d’icônes. Mais surtout un tweet ce vendredi soir m’apprend qu’un développeur prépare l’intégration de MS Office à Ubuntu. Pas par Wine, mais pas un développement propre.

Spéculation personnelle certes, mais il est évident que Redmond ne restera pas inactif. Ce blog l’a souvent écrit, c’est par MS Office que Nutella tient les clients, pas par Windows 10. Une intégration de la suite bureautique dans Ubuntu risque à terme de déclencher une OPA de Redmond sur le Sud-Africain. Comme les deux OS sont déjà très liés, pourquoi pas ? Une alternative devient urgente.

« Alors, Jean-Luc, Manjaro c’est comment ? »me demandez-vous, la voix chevrotante d’un espoir mal contenu. Et ben mes agneaux, c’est pas mal du tout. D’abord, ça s’installe tout aussi facilement. La connexion Internet ne pose pas de problème. Ensuite, on s’aperçoit de la différence de logique : un scanner d’empreintes est offert en série, de même qu’une rubrique dédiée à la sécurité dans le configurateur. De plus, avant d’installer une application, on vous présente toutes les dépendances. En outre, le magasin d’applications n’est pas passé sous Snap par défaut (l’horreur absolue). On vous offre aussi le choix entre Free Office et Libre Office, lequel est livré d’emblée avec les icônes Sifr, qu’Ubuntu se refuse obstinément à incorporer, lui. Pour les gamers, Steam est aussi déployé d’office. Enfin, basé Gnome, Manjaro offre le Tweak tool ; vous devez l’installer à la paluche chez Cannonical.

Mieux qu’Ubuntu sur tous les points ? Non, le look de Gnome donne l’impression d’être dessiné par des étudiants en première année (Cannonical est imbattable sur ce point, tous OS confondus). Thunderbird n’est pas installé par défaut, Gimp non plus. Corollaire, Manjaro tient sur 2 ,6 Gb, un demi DVD, là où le Sud-Africain déborde. Autre avantage évident d’Ubuntu, la pléthore de documentation en ligne : « how do I…. Ubuntu » et Big Broogle vous en trouve trois pages.

Restent les différences de librairies: Ubuntu, basé Debian utilise Apt / Aptitude, là où Manjaro, basé Arch utilise de préférence (mais pas uniquement) Pacman. Non, le Pacman sérieux, derrière sudo et devant -Sy et autres. Duck Duck Go m’a trouvé quelques tutos. Je m’y mets dès demain soir : l’ indépendance à Ubuntu (et à son Maître de Redmond) est à ce prix.

Manjaro : le café fait partie de l’équipe. Des confrères, quoi…