Mais vous allez les fermer ?

A l’origine, les bourses permettaient aux entreprises d’accéder à l’argent des investisseurs pour financer de nouveaux projets, pour se développer. Vous aviez de l’épargne, elles avaient un projet, vous investissez une partie de votre épargne, elles se développaient et vous rémunéraient sous forme de dividendes. Rien d’extraordinaire.

Or, aujourd’hui, Volkswagen, Renault, Peugeot, Airbus et consorts ferment leurs usines. Les compagnies aériennes ne volent plus. Et je ne vous parle pas des milliers de contractants et sous-contractants en amont. Bref, pendant la Coronacrise, l’Europe n’a plus d’économie. Se pose donc la question : « pourquoi les bourses continuent-elles à nous balancer des cotations sans réelles valeurs  sous-jacentes ? »

…. « oui mais aujourd’hui, les bourses servent encore à autre chose » me rétorque un banquier de ma famille. Il prend bien garde à ne pas préciser.

C’est vrai que la finance moderne à inventé tant de jeux de casinos qu’on ne saurait se limiter au seul financement des sociétés : warrants, puts, calls, butterfiles, Mae Wests, futures, futures sur options, options sur futures, CDS, CDO’s short selling. Ça en arracherait une larme à Monsieur Sylvestre, l’emblématique banquier de Wall Street.

En gros, le refus des financiers de fermer -pour un temps- les bourses met à nu l’inavouable : elles servent à spéculer. Spéculer à la baisse bien entendu, à travers les puts et les ventes à découvert. Il est d’ailleurs remarquable de noter qu’en Italie, pays européen le plus touché par le virus, les ventes à découvert viennent d’être interdites pour trois mois.

Si par bonheur, nous avions, sur le vieux Continent, quelque chose comme une Union Européenne, il s’y trouverait probablement une personne intelligente et capable de prendre ses responsabilités. Elle ordonnerait la fermeture de ces plateformes numériques dont la bande passante sert juste à gêner médecins, étudiants, télétravailleurs et Youporneurs dans leurs activités ô combien plus essentielles.

Oh, Bob, il veut nous empêcher de jouer…