Commissaire 508

Comme mentionné dans le post précédent, Lisbonne m’a éreinté. Coup de bol, France 3 avait pensé à moi : Commissaire Magellan ce samedi soir, histoire de me plonger en coma artificiel pour le week-end.

Magellan, il conduit une 508 ancien modèle. Là, je vous en ai presque trop dit, la moitié du film tourne autour du gros qui conduit sa grosse (limousine). En plus, il travaille en binôme : une lieutenante, son antithèse. Selma est jeune et sportive. Quand il faut attraper un suspect, c’est elle qui s’y colle.


Trame invariable :

quelque part sous le ciel bleu du Chnord, drame affreux. (Perso, je vais souvent passer l’un ou l’autre week-end sur la côte d’Opale, mais j’ai moins de pot : Magellan, lui, il a toujours ciel bleu et soleil, histoire de faire étinceler la peinture métallisée...)

… de la 508, qui se rend sur place. Tout de suite, un suspect s’enfuit. La lieutenante le poursuit mais elle n’y arrive pas : elle est en hauts talons. La 508, elle, fait le tour du quartier avec le gros dedans. Le suspect arrive et se prend la portière dans le bide, à longueur d’épisode. Les portières de 508 sont en alliage de titane, approuvé par la NASA.

Ensuite, on rencontre l’ignoble personnage : un businessman infect. Il n’a rien fait mais il va jouer le répulsif pendant 90’ hou, hou l’affreux Jojo. C’est le volet social.

A vitesse petit v, on tombe sur le deuxième suspect. Piège du scénariste pour Raymond et Huguette. Eux se disent: « ça y est, on le tient », mais en fait non, ce n’est jamais le deuxième, ja-mais. Il faut tenir une heure et demie, la quiétude neuronale a ses impératifs.

A ce suspens insoutenable se greffe, bien entendu, une histoire de fesses : tout le monde couche avec le/la partenaire de l’autre et d’autres encore auraient bien voulu forniquer aussi mais l’élue(e) ne voulait pas : il faut faire compliqué sinon pépé et mémé vont s’endormir trop tôt. En outre, l’une n’est pas la fille de l’autre mais n’a jamais voulu l’avouer à sa mère (enfin presque). Tout ceci en narratif, pas question de montrer un téton, ce serait hiroshimique pour les pacemakers.

Devant pareille intensité dramatique, même le théâtre shakespirien prévoit des phases de relaxation. On a droit à un anniversaire, un déjeuner avec une copine ou avec son copain le procureur. Je vous fais grâce de 6 minutes d’humour balourd au demi degré.

Le lendemain matin, on ressert les mailles. La lieutenante est déjà au taf quand arrive la 508. Nouvelle visite à l’affreux businessman, hou, hou mais c’est toujours pas lui.

Vache, un deuxième meurtre. Les pieds gonflent dans les charentaises, sur les accoudoirs les paumes suintantes agrippent les napperons.

Bref retour sur les problèmes de coucheries (toujours sans image) . Mais on n’avance pas et on arrive à 60 minutes. Vite, un nouveau dîner à l’humour de daube. Çà nous met à 15-20 minutes du dénouement.

C’est dommange (…) mais cette intense soirée touche à sa fin : un détail attire l’attention de la lieutenante, Magellan a le flash, ils vont coincer celui ou celle que le spectateur avait identifié depuis une heure et, hop, on l’embarque dans la 508.

Deux minutes d’humour boloss au demi degré, générique. Pépé et mémé mettent les dents dans le verre, dodo.

Portière en alliage de titane, approuvé par la NASA. Enfin presque…