Margredoom

Difficile de ne pas parler de Big Broogle cette semaine. Et quel que soit le sujet, la réponse est non.

Non d’abord à Margrethe mon canard (je me suis déjà excusé pour le jeu de mots, ça va comme çà). L’amende d’1,5mia USD relève plus du rideau de fumée que d’une sanction véritable. D’abord parce qu’Alphabet avait très probablement provisionné des sommes importantes pour ce genre de joyeusetés : l’Empire se sait dans le collimateur. Ensuite parce que l’observateur averti n’arrive pas à se défaire d’une impression persistante d’enfumage. Margrethe se sait elle-même dans le viseur de la France et de l’Allemagne. En cause son refus de bénir la fusion entre Siemens et Alstom. Dans cette affaire, elle avait tranché au niveau du règlement et de la procédure. Ç’aurait été parfait, si elle avait été petite fonctionnaire. Au niveau Commissaire européenne par contre, on attendait une vision globale, des plans stratégiques sur le développement industriel du Continent,… Bref, on lui prêtait une envergure qui lui fait défaut. Embêtant, à quelques mois du renouvellement de la Commission. Vite, elle retourne à son TOC préféré : amende à Google, ça plaît toujours. Pas sûr que cette fois ce soit suffisant pour sauver son siège. D’ailleurs aujourd’hui, elle se présente sur la liste des libéraux au Parlement européen (groupe ALDE). Il faut bien vivre.

Non à Google ensuite : hier ils tenaient une Keynote (un barouf) pour lancer Stadia, leur plateforme de jeux en ligne… Nouvelle façon de concevoir le jeu, plus besoin de console, tout est dans le clahoud, c’est beau, c’est cool, c’est californien…

Premier problème : Allo, Google+ et Inbox , c’était beau, c’était cool, c’était californien aussi. Résultat : le premier repose en paix à côté de Google Reader, Wave et autres. Le deuxième et le troisième vont être débranchés dans les prochains jours. Or, tout comme Allo se frottait à Whatsapp, Stadia arrive sur un marché où les gamers ont déjà investi qui dans l’Xbox, qui dans la Playstation, et on déjà l’habitude de jouer en réseau. Bref, au niveau de l’utilisateur final, Stadia est au rayon fromage avec le ticket n°78 et on sert le 44.

Deuxième problème : la bande. Pour jouer sur Stadia, il faudra une grosse bande : d’après Presse-Citron, il faudra 25mbps pour de la 4K. Donc, la plupart ne joueront pas de leur smartphone. Ensuite, en soirée quand les box pompent à qui mieux mieux, le vainqueur du jeux risque de ne pas être le gamer le plus doué. Pour mieux comprendre ce problème de bande, j’ai logiquement consulté The Verge.

Si Stadia peut devenir l’avenir du jeux vidéo, une des raisons de son lancement réside dans la sous-utilisation (ou sous-monétisation?) de Youtube. Les ados adorent, autour du jeux, pouvoir enregistrer des séquences, les publier et les consulter ensuite. Comme l’Empire veut absolument pousser à des souscriptions sur Youtube, voilà une plateforme qu’elle est bien .

Poussons le raisonnement plus loin : Google possède une énhorme infrastructure de data centers de par le moooonde et ils continuent à l’étendre. Par contre ils se font damner le pion par Amazon et Microsoft dans le clahoud. On se doute donc qu’il reste quelque capacité de traitement sur leurs serveurs. Et toc, les djeuns vont rentabiliser ce dont les adultes ne veulent pas.

Dernier point : les djeuns manifestent demain (vendredi) pour la planète. Vont-ils accepter de consommer des Gigawatts d’électricité et d’émettre des tonnes de chaleur supplémentaire pour jouer à Assassin Creed Odyssey ? Attention les petits clous, Margrethe pourrait revenir en Commissaire à l’Environnement…