Sacha Googly

L’avantage de réagir, c’est qu’on se situe après l’événement. Pour la frime, ça glisse tout seul. Par contre, on a aussi le temps d’analyser.

L’affaire du mémo sexiste de Google se prête à merveille à l’analyse. Au départ, un développeur de l’Empire se lâche dans un exercice de philosophie digne d’une Yugo d’occasion. Sous des apparences et une structure bien académique, il assemble des postulats sans fondement, ni références, des vérités décretées par lui-même. Rien de tel pour arriver aux conclusions voulues. 

Chez Big Broogle, les collègues sont tout de suite choqués. Là, votre serviteur s’interroge. Le processus de recrutement le plus célèbre au monde, avec ses questions improbables n’auraient pas détecté ce genre de comportement ? Fort logiquement, ce recrutement le plus célèbre du monde n’a pas anticipé non plus les réactions à fleur de peau en aval.

Mais là où on confine au sublime c’est dans la réaction du boss. Qu’il interrompe ses vacances, soit. Mais qu’il réagisse de manière aussi binaire, c’est presqu’aussi décevant que leur keynote de 2017. Son réel challenge consistait à éteindre l’incendie ; il a permit aux flammes de sortir de l’entreprise. En clair, un meeting en tête à tête avec son collègue et le retrait du mémo auraient suffit. Le licenciement, au contraire, permet au pseudo-philosophe de prendre sa liberté, de mobiliser les réseaux sociaux et les néos-cons et de bénéficier d’un buzz planétaire gratuit. Pire, comme il a été licencié pour délit d’opinion, il a toutes les chances de gagner le procès intenté à son employeur.

Bref,  fiasco intégral avec félicitations du jury.

Votre blog l’a écrit plusieurs fois : l’organisation interne de Google ne tient pas la route. Bien sûr, ils sont riches et dominants dans la pub sur internet. Mais ils s’arrêtent là. En cause, le paradigme des dirigeants : seul le personnel technique compte. A cette échelle-là, c’est aller chercher les ennuis. Le mémo n’est pas la seule expression de leur déficit. Vous êtes impressionné par la production des projets X, vous ?

Une société bien balancée équilibre technique, marketing, ressources humaines, ventes et achats. Le rôle du senior management consiste à déterminer les objectifs stratégiques et à coordonner l’action des différents départements. A charge pour chacun de ceux-ci de converger. Tant qu’ils n’auront pas compris çà, ils demeureront un moteur de recherche et un OS mobile, à la différence d’une véritable société.

Quant au fond du problème, les relations hommes-femmes, j’ai fait mienne la célèbre tirade de Sacha Guitry : « Les femmes ? Je suis contre. Tout contre ».

Guitry

Attention, Sundar, il veut ta place