Il y a plus dans 753 têtes que dans 751

On a recensé cette semaine de nombreuses prises de positions quant à l’opportunité d’encadrer – surtout de taxer- le travail des robots. En tous cas le Parlement Européen demande à la Commission « de proposer des règles sur la robotique et l’intelligence artificielle (IA), en vue d’exploiter pleinement leur potentiel économique et de garantir un niveau standard de sûreté et de sécurité ». Soit, c’est de l’Eurotalk et la Commission maîtrise ce sabir à merveille.

D’autre part, le même PE définit un robot comme une : « machine physique équipée de capteurs et interconnectée à son environnement dans le but d’échanger et d’analyser des données. » Là, on quitte le dialecte maison et la qualité s’en ressent tout de suite. Nous, nous aurions souhaité une référence à la productique. En effet, appliquée stricto sensu, cette définition range une voiture connectée à Internet (elles sont de plus en plus nombreuses) dans la catégorie des robots. En fait l’omission de toute référence à la productique n’est probablement pas innocente, comme nous le verrons plus bas.

Par ailleurs, ce matin, le rentier le plus fortuné au monde, Billou himself, se la joue Zola 2.0 : il supporte l’instauration d’une taxe sur les robots, afin de financer l’inéluctable revenu universel à venir. Çà vous rappelle sûrement quelqu’un, non ? La taxation des robots constitue un thème récurrent dans la campagne présidentielle française.

Donc, à ma gauche, Hamon, à ma droite (si, quand même encore) Billou, tous deux en faveur de cette taxe afin de financer le revenu universel. Au milieu (bien entendu), l’Europe. Elle statue sur le facile : les définitions, enrobées d’Eurotalk et recommande la création d’une … Agence pour la robotique et l’intelligence artificielle. Les mauvaises langues préconiseront Strasbourg comme siège de l’agence : l’apport d’intelligence artificielle y suppléera la carence naturelle.

En effet, hors définitions, déclarations et autres recommandations, le PE a soigneusement omis de demander l’instauration de la fameuse taxe-robot chère au fondateur de Microsoft. Afin de ne pas heurter la compétitivité de nos industries.  Ce qui nous ramène à l’absence suspicieuse de référence à la productique dans la définition ci-dessus.

L’excuse sent le pathétique à plein nez. D’abord, elle est regrettée par la rapporteuse même chargée de ces questions. Ensuite, elle est d’autant plus aveugle que pareille taxe aurait permis la création d’un (ou de plusieurs) fonds. Alimentés immédiatement, ces derniers auraient été suffisamment provisionnés le jour où nos sociétés subiront le choc réel de la robotisation.

J’affabule ? Autour de 2030, les voitures autonomes auront envoyés la plupart des chauffeurs de voitures au chômage (GM et Lyft commencent l’an prochain aux States). Idem pour les poids lourds, les bus et autres cars. En outre, des tests sont en cours afin d’affiner la fiabilité de drônes porte-conteneurs à travers les océans. D’accord, ce sont des emplois peu qualifiés. Mais l’intelligence artificielle, rendra aussi superflus des milliers d’emplois d’avocats (BAC+5). En médecine, les robots-chirurgiens opéreront de manière plus fine et plus fiable que leurs collègues sapiens (BAC+12). On prévoit d’ores et déjà de remplacer les conseillers-clientèle (BAC+3 minimum) en banque par de l’AI. J’en passe et des meilleures. Pour faire court, Billou et Hamon ont vu juste et les 751 euro-députés (leur majorité en tous cas) se sont plantés.

Votre blog préconise donc l’installation d’une Agence de l’AI à Strasbourg. Sa première tâche sera de construire un Parlement de 751 robots et de les faire voter sur les mêmes thèmes que leurs confrères à sang chaud. Après cinq ans, on verra qui a pris les meilleures décisions. La droite, majoritaire au PE, ne peut pas s’opposer à la libre concurrence, quand même…

SAMSUNG
Heureusement, ils n’ont pas prévu de taxer les drapeaux