L’ère du Brump

Depuis cette semaine, le monde anglo-saxon est entré dans l’ère du Brump (BRexit, TrUMP). Le Brump constitue surtout un enfumage monumental des populations concernées : sous prétexte de retrouver leur lustre d’antan, les deux pays entament un repli nombriliste. Celui-ci les conduit à coup sûr vers la perte d’influence et vers le déclin. C’est leur problème. Çà l’est moins là où nous sommes partenaires.

Quand la première puissance mondiale et la deuxième économie européenne s’allient pour sauter de la falaise, on assiste à une vraie rupture de civilisation. A titre de comparaison, on pourrait citer l’avènement de Néron au trône de l’Empire romain. Ou celui de Philippe II d’Espagne, plus soucieux de révérer Dieu que de gérer l’Empire de son père, Charles Quint. Comme Dieu n’existe pas, l’Empire s’est délité.

Un monde plus compliqué va émerger et il importera de faire partie d’un bloc solide pour peser face aux nouveaux Grands, essentiellement asiatiques. Nous n’avons pas beaucoup le choix, si ce n’est de renforcer l’Europe.

A certaines conditions : d’abord on ne prend plus tout le monde et son frère comme en 2004. En clair, on repart de la zone Euro. On y associe, un par un ceux qui acceptent nos conditions.  Et on la dote d’un Parlement propre.

Secundo : on rédige un nouveau traité, propre à la zone itou. Un traité sérieux, cette fois, pas la daube de Lisbonne. Y figureront, entre autres, les décisions à la majorité (à définir simple ou aux deux tiers). Ou les conséquences contraignantes d’une pétition populaire (ces dernières ont été soigneusement omises dans la daube de Lisbonne).

Tertio : on crée une défense européenne intégrée. Tous les membres s’engagent à dépenser 2 % de leur PIB pour leur sécurité militaire. Certains y sont presque. Pour l’Allemagne, la Belgique et le Luxembourg, il va falloir ramer. Ce point est crucial : à terme, le Brump affaiblira l’OTAN et nous aurons besoin d’une alternative. Une Europe de 400 millions d’habitants, X chars et Y divisions pourra bomber le torse. C’est d’autant plus vital que le reste de l’OTAN est composée (Norvège à part) du Brump et … de la Turquie, autre parangon de démocratie.

Le Brump va creuser la tombe des anglo-saxons. L’Europe nous offre une opportunité de les laisser de côté et de continuer notre chemin avec le reste du monde. A condition, cette fois, de créer des structures sérieuses entres gens aux intérêts communs. Alors, l’Europe 2.0 redeviendra cool, comme  à l’époque :