Amazon : je préfère qu’on reste copains

A l’origine des temps, la nature a inscrit sur le chromosome Y le gêne de la conservation de l’espèce. Conséquence, le mâle drague. A l’adolescence, le petit de l’homme découvre les formes harmonieuses de la Chantal ou de la Murielle. Troublé, il attaque les genoux tremblants. Et il se prend ses premiers râteaux. Souvent, son blues de trois semaines débute par la sempiternelle tirade : « je préfère qu’on reste copains ». Ce coup-ci, c’est moi qui fait la Geneviève : Amazon, je préfère qu’on reste copains.

Ça a commencé début 2016. J’ai voulu louer de l’espace sur AWS, le cloud à Jeff. Pour tester, pas question de payer. Je choisis donc leur formule gratuite. Deux mois plus tard et sans crier gare, ma carte de crédit est débitée de 150USD. Et ainsi de suite pendant plusieurs mois, sans justification. Afin de faire cesser cette vive douleur au siège, je me suis désincrit fissa.

Ce Noël, je repère des cadeaux à prix intéressant, un lot sur amazon.fr, l’autre sur amazon.de. En fait, ces articles étaient référencés mais pas vendus directement par Jeff. Conséquence : la date indicative de livraison passée de quinze jours, je contacte le vendeur et, par deux fois, ma commande est annulée sans autre forme de procès. Bien entendu, par deux fois, je suis obligé de trouver des cadeaux alternatifs, voire de m’excuser platement. Le droit du Prince.

Qu’il tire des fusées, livre par drone ou ne condamne pas les exentricités du Donald, peut me chaut. Par contre, pour tout article sous les cinquante euros, sa modeste boutique manque de sérieux . En bon parvenu, Jeff ne veut plus traiter que le haut de gamme, là où le magasin génère des tonnes de marge (on parie qu’ils seront dans les premiers à vendre le Galaxy S8?).

J’étais devenu suspicieux lors du lancement de Prime. Jeff Prime (ou son cousin français Jeff Premium) symbolise à merveille le Grand Rien Doré dont notre société est si avide. Un « meilleur » service, des garanties de nitignous, l’assurance de raziboule et rouletabille pour seulement 49€ par an. On n’en conclura pas que, depuis Premium, les produits à moindre marge servent d’appât pour nous contraindre au surclassement. Mais presque.

Quant aux alternatives, on en recense des dizaines en ligne, quel que soit l’article pour lequel vous succombez. A contrario, nous avons fait d’excellentes expériences sur ldlc.com ou vistaprint. Et si vous ne trouvez pas en ligne, le libraire du coin vous saura gré des vingt-cinq euros que vous lui lâcherez pour le dernier Rufin.

A ce propos et toujours pendant les fêtes, la Free Software Foundation m’avait demandé de vous alerter sur le fait suivant : la liseuse à Jeff (Kindle) permet de télécharger des bouquins, certes. Mais ceux-ci sont plombés par des DRM et Jeff peut vous les sucrer à distance, quelle qu’en soit la raison. Pour ceux qui souhaitent lire en toute quiétude, la FSF recommande le projet Guthenberg (project gutenberg), lequel permet d’accéder à une bibliothèque en ligne énorme et sans aucune contrainte. On y trouve aussi l’ouvrage de Vâtsyâyana.

rateau_jeff

La preuve qu’ils vendent des râteaux…