Ne nous suivez pas sur Fesse-bouc. Please.

L’élection américaine a mis en lumière les mouvements tectonico-sociaux au sein de certaines sociétés occidentales. Une catégorie sociale perd ses repères et tente de remonter à l’arbre. Elle aimerait fuir ces environnements qui se complexifient et leur Occident qui ne dicte plus sa loi. Dans Idiocracy, ils ont attendu 2500 pour remonter à l’arbre et élire le président Camacho. La science-fiction recèle parfois des aspects amortissants. L’irréparable étant comis, l’heure est à l’analyse. Au rang des coupables, le réseau social fait figure d’accusé.

Loin de moi l’idée de prétendre que Fesse-bouc est responsable de l’élection de l’autre, au raton-laveur sur la tête. Pas directement en tous cas. Peut-être les contenus pro-l’autre étaient-ils prépondérants. Mais les contenus sont l’émanation des membres du réseau. Certes, au conseil d’administration de Fesse-bouc, on trouve Peter Thiel, soutien indéfectible de l’autre dans la Silicon Valley. Mais il n’est pas stratégique dans le dispositif du réseau.

Par contre, on a du mal à ne pas relier l’accident politique entre New York et L.A. et cet article de The New Scientist : le magazine cite plusieurs études académiques selon lesquelles nous nous abêtissons. En cause, partielle en tous cas, l’hypothèse sous-jacente du film Idiocracy : les gens intelligents et éduqués font moins d’enfants. Conséquence : la proportion des autres augmente au fil des années.

Sur ce blog, on s’est souvent étonné du succès, improbable au début, de Fesse-bouc. Aujourd’hui, LE réseau social agrège 2 milliards d’individus. Ils y exhibent leur dernière paire de chaussures, la bouteille de vin du dimanche midi, leurs photos du pont du Gard ou leur penchant pour la meuf du MacDo. Bref, du contenu essentiel, indispensable à l’avenir de l’humanité. En fait, si on fermait Fesse-bouc demain, que perdrions-nous ? Tout l’accessoire, le superflu, l’exhibitionnisme et le nombrilisme en ligne. Tout ce qui rend l’humain con, primaire et bestial. Bref, rien. Notons au passage qu’aux States, Fesse-bouc atteint 62 % de pénétration. Con-solation, en Europe nous restons sous les 40%.

Directement, Fesse-bouc n’est pas responsable de l’élection du septuagénaire orange. Indirectement toutefois, il est le principal vecteur de la connerie et de la vanité humaine, facteurs qui ont contribué à rendre populaires les thèses du président Camacho.