Un détail de l’Histoire

En ce jour où le gros Gégé se soulage et clame son amour à son copain Vlad, on en vient à se demander s’il n’a pas raison, tant l’Europe se rapproche des méthodes totalitaires, en vogue de l’Est de l’Ukraine jusqu’aux rives du Pacifique. A quoi bon se targuer de vivre en démocracie quand ce régime vous force à pratiquer la délation  ?

On part d’un détail : dans les trois pays que nous fréquentons pour raisons professionnelles, la maréchaussée exige à présent que l’employeur dénonce les conducteurs en excès de vitesse. Au départ, seuls les envahisseurs belges l’exigeaient. Aujourd’hui, Français et Luxembourgeois emboîtent le pas.

A l’époque où les citoyens européens avaient le sens de l’honneur et des notions de fonctionnement démocratique, on aurait qualifé ce genre de demande de « délation ». Aujourd’hui, la plupart des européens se sont couchés. Pourtant, livrer le nom de ses collègues implique une double peine. D’une part, ils payeront la contredanse, d’autre part, la confiance au sein de la société sera entamée puisqu’une balance y sera chargée de les dénoncer A terme, l’ensemble de la boîte devient donc victime collatérale. C’est injuste pour l’ambiance et la société, c’est intolérable sur le plan démocratique.

Dans notre chef, il est hors de question que nous relancions le folklore dont l’Europe a profité à l’insu de son plein gré voici soixante-dix ans.  Nous avons déjà été sollicité par les envahisseurs belges et les flics luxembourgeois. Nous avons payés les amendes mais n’avons pas cité de nom. Et nous entendons continuer de la sorte.

D’accord, il s’agit de banals excès de vitesse. D’un détail en somme. D’un détail qui pourrait se muer en détail de l’Histoire si nous continuons à vivre couchés.