Keynote 2016 : résumé

La semaine dernière, Google tenait sa grand-messe, i/O 2016. Votre blog a donc visionné la keynote de l’Empire. Trop de boulot pour l’instant, je ne pouvais pas aller à Mountain View. Et j’ai horreur de l’avion. Surtout, je n’étais pas invité.

La keynote dure un peu plus de 2 heures et demie. Si vous désirez la regarder vous aussi, vous pouvez zapper les 40 premières minutes. Elles ne servent qu’à chauffer l’assistance. Sinon le youtube est ici.

Pour qui ne veut pas investir deux heures de son temps, résumons les points saillants :

  • les développeurs lambda de Google sont obèses et barbus
  • les intervenants sur scène ont tous une montre connectée
  • ils ont pris grand soin d’équilibrer les présentateurs et présentatrices
  • le décor et les fringues font faussement pauvres (ou politiquement correct)
  • ils aiment bien les émojis
  • leurs démos consistent invariablement à appeler la famille et à réserver des restos.

A tout seigneur tout honneur, Sundar, le boss, ouvre le show et nous mène droit au but : l’intelligence artificielle sera l’Etoile Noire de l’Empire. Ses possibilités prédictives vont changer le monde, pour son bien. Le bien du monde, bien sûr.

Deuxième séquence : Google Home. Pensez à Amazon Echo. Mais en plusieurs couleurs. Et le boîtier est plus petit. Et ovale. Et la base est en tissus fort. Et le haut est en polycarbonate. Rien à voir avec Amazon.

Troisième et quatrième séquences : Allo et Duo. Les deux nouveautés communicantes sont basées non plus sur l’adresse email mais sur le numéro de téléphone. Allo est une sorte de SMS gonflé aux stéroïdes de Google Assistant. Google Assistant, c’est OK Google pimenté à l’intelligence artificielle. A terme, il pourra formuler des réponses à votre place. Reste à voir si vos interlocuteurs aimeront communiquer avec votre robot. Pour Google Duo, pensez à une sorte de Skype dépecé, une communication vidéo point à point à l’interface minimaliste, conçue pour smartphones.

Avec Allo et Duo, on touche les nuages, on confine au sublime, on marche à 15cm du sol : jusqu’ici, l’Empire offrait Google Messenger, Gmail, Inbox, Google+, les Hangouts et Spaces. Seulement six applis communicantes. Deux de plus cette année, ça fait petit bras. Quatre et on aurait atteint dix. Un chiffre rond eut été diantrement plus clââââsse. L’explication se trouve dans le cale-meuble « How Google works » d’Eric Schmidt. Il y parlait du mépris de la firme pour le marketing. Ils ont de la suite dans les non-idées.

Cinquième séquence : Android. L’OS le plus utilisé au monde s’appellera bientôt N. Il offrira un nouveau moteur de rendu 3D (Vulkan) et se mettra à jour automatiquement.  Il supportera aussi le multi-fenêtrage. Sinon, quelques chiffres à donner le tournis : 65 milliards de téléchargements à partir du Play Store et plus de 600 smartphones différents sous Android en 2015 . 50 pourcent des recherches se font à partir de terminaux mobiles, de plus en plus par la voix (OK Google).

Sixième séquence : Android Wear 2.0. Comme Android Wear, mais autonome. Le projet Soli (pilotage de la montre par des gestes) n’a pas été démontré lors de la keynote.

Septième séquence : Android Instant apps. Très convivial, Instant Apps permet d’accéder à une appli sans l’installer. Franchement, l’utilisateur y trouvera son compte. Sa navigation en sera vraiment facilitée. Par contre le développeur, lui, devra réécrire son appli. Si elle a été bien architecturée au début, on escompte une journée de travail. Sinon,… fallait pas saloper.

Huitième séquence : Firebase. Société achetée par Google, Firebase offre une plate-forme de développement pour apps. Impressionnante.

Dernière séquence : le boss revient et en remet une couche sur l’intelligence artificielle. Tout le monde applaudit.

La véritable Annonce de la semaine n’a même pas été mentionnée. L’Annonce c’est l’intégration du Play Store sur Chrome OS. Mine de rien, il s’agit d’une bombe.

Contexte : dans un marché global en récession, la vente de Chromebooks vient de dépasser celle des Macs (au premier trimestre 2016). La prochaine cible est claire : le PC sous MS Windows. Or que trouve-t-on sur le Play  Store ? La suite MS Office. Voilà Microsoft entre le marteau et l’enclume. Ils ne pouvaient pas ignorer le succès d’Android, ils y ont porté leur atout majeur. Lequel se retrouve aujourd’hui sur la plate-forme la plus dangereuse pour leur core business. Brillant.

Sinon, c’était une belle journée sous le soleil californien. Mais j’étais pas invité.

5 commentaires sur “Keynote 2016 : résumé

  1. merci pour ta synthése, j’ai croisé un post de snowden qui déconseilles l’utilisation de allo… (too much « very special »)
    enfin j’ai pleuré tant d’années que les voitures volantes et les cabines de téléportation n’existaient pas, mais la c’est parti…

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    1. En effet, Snowden reproche à Allo de ne pas être encrypté à priori. Il existe bien un mode incognito (comme dans Chrome) mais il doit être activé à chaque utilisation. Ca peut devenir ch….t à la longue. Maintenant, pour avoir vu la présentation des deux, autant je pense que Duo a sa chance, autant Allo n’apporte pas grand-chose par rapport à messenger.

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