TTIP : mais où est passé le 7e traité ?

Voici quinze jours, nous avons connu le premier véritable week-end d’été. Tout le monde en a profité pour se dorer aux rayons de notre étoile. Tout le monde ? Non, car un petit blogueur a résisté à la chaleur pour commencer à éplucher les documents mis à disposition par ttip-leaks. Pour mémoire, le TTIP se nomme aussi TAFTA, Tentative Américaine de Fourrer Tout l’Ancien continent.

Le premier document définit le cadre global du traité. Il stipule, entre autres, que les sous-entités (régions, communautés fédérales,…) seront assujetties au traité dès signature. Plus gênant, plus aucun retour en arrière n’est possible. Pas très futé, à quelques semaines d’un possible Brexit… Dans le traité de Lisbonne non plus, aucune clause de sortie n’est prévue : on voit l’imbroglio.

Passons à la suite. J’ai aussi épluché le traité agricole. Mais comme je ne suis pas compétent, ça ne m’a pas foutu la patate, je n’ai pas compris comment faire du blé. Le quatrième texte, lui, a trait aux télécoms. J’y ai trouvé une perle, que je préfère vous livrer brut de fonderie :

Telegraph

Par la morbleu, pourquoi s’arrêter aux seuls télex et télégraphe ? Quels sont ces manants qui délaissent nos créations nobles, tels le morse, le téléphone de campagne ou le sémaphore de Chappe ? Allons-nous livrer nos moulins à bras articulés aux Apple et autres Microsoft ? Ces fiers flèches mécaniques ont prouvé leur valeur lors des campagnes napoléoniennes. Et je ne vous parle pas des relais de diligences ni des pigeons voyageurs, pour lesquels l’Europe bat le reste du monde à plate couture.

Étrange d’ailleurs, les Américains, eux, n’insistent pas trop sur la protection des PDP 8 ou autres VT100.

Maintenant, si, au lieu de regarder derrière (la préoccupation majeure des Européens), on se lance dans la prospective, on s’étonne de l’obstination européenne à insérer « electronics » ou « electronical » à tout bout de phrase. Personne n’a entendu parler de fibre optique, de processing ou de transmission optique comme vecteur à venir ? Les Américains, eux, insistent pour y avoir droit: ils ont fait insérer « by photonic means ».

En gros, nos vaillants négociateurs, à l’armure bleue cerclée de douze étoiles, protègent nos télex, nos télégraphes et, au mieux, nos électrons. Par contre, ils ouvrent grand la porte aux transmissions photoélectriques américaines. De quoi se demander si, à la tête de la délégation du vieux Continent, on ne trouverait pas le Chef Chaudard à préparer sa tenaille.

J’avais déjà une demi-douzaine de raisons pour m’opposer au TTIP. Je viens d’en découvrir une supplémentaire : l’Europe y est représentée par des branquignols.