zim! zim! boum! boum!

Point d’exclamation : signe de ponctuation qui suit toujours une exclamation. Ici, le point ponctue la fin de la revanche d’une blonde. Marissa et son Yahoo vont se faire racheter à partir de ce soir. Ceci clôturera quatre ans de management zim zim boum boum.

On Henri en rit. Pourtant c’est avec une certaine nostalgie qu’on contemple la disparition du dernier brontosaure webeux. Fini les « my yahoo », les nouvelles thématiques, le compte @yahoo.xx ou la météo sous Netscape. On esquisse un sourire triste en pensant à ce cours de bourse à plus de 100$ en 2000. On s’éponge le front une dernière fois à la vue du cours en septembre 2001 : autour de 8$. On a bien fait de ne pas mettre les pieds là-dedans.

yaaahooooo

Après le crash de 2000, la boîte a merdouillé. Tantôt managée par son fondateur, tantôt par un autre homme à chaque fois providentiel. Et à chaque fois débarqué après quelques mois. Pendant ce temps-là, Google gonflait les pectoraux (et les profits), le web 2.0 fit fureur puis s’évanouit et les rézossociaux devinrent incontournables, d’abord sur PC, aujourd’hui sur smartphones.

Enfin, Marissa vint. Recrutée dans un secret très relatif, elle allait créer l’alternative à l’Empire. Elle commença à empiler les achats, compulsifs. Évitons toute réflexion sexiste, mais on l’imagine sortant d’une boutique à la mode : « James, j’ai fait une folie : Tumblr pour à peine plus d’un milliard de dollars, point d’exclamation. Au bureau, vite, re-point d’exclamation».

Jusque là rien de grave, les blondes aiment la frivolité (mais non, pas de sexisme). Sauf que les achats s’empilaient et ne servaient à rien, la plupart des applications étaient fermées dans la foulée.

Les bureaux étrangers ont été fermés aussi d’ailleurs. Même dans le Golfe, région en plein boum économique. Par contre, elle créa un nouveau logo. Au moins, grâce à son sens de la stratégie, connaît-on avec exactitude l’angle d’inclinaison du point d’exclamation : 9°.

Autre exemple de management zim zim boum boum : elle recrute son responsable de la pub en ligne chez Google (un ancien collègue). Le contrat prévoit, entre autres, un parachute doré en cas de licenciement : 120Mio $. Pas con, l’autre se met les doigts de pied en éventail sur le bureau, se fait lourder après un an et touche le pactole. On l’imagine à Saint Bart, sur son voilier, à enfiler les ti-ponchs.

Aujourd’hui, plusieurs organes de presse (Daily Mail, Time,…) ainsi que des acteurs du web (Microsoft, Google,..) ou des opérateurs réseaux (Verizon) volent en cercles au-dessus du malade à l’agonie. Valeur proposée : autour de 35Mia $, soit 10 de moins que la proposition de Big Steve en 2008. Soit moins aussi que la valeur cumulée des participations dans Alibaba et Yahoo Japan. Ces deux dernières vaches à lait vaudraient autour de 38 Mia $. De là à conclure que le core business ne vaut rien…

Quant à l’acheteuse compulsive, elle s’en fout : elle dispose, elle aussi, d’un parachute doré : entre 30 et 40Mio $, en fonction de la générosité de l’acquéreur. De plus, sa fortune personnelle est estimée à plus de 300Mio $. Chez Google, elle s’appelait employée numéro 20.