DAS 412 500 000 000 $

J’aime bien les nombres stratosphériques. En général tout le monde s’esclaffe mais personne ne se rend compte de leur portée. Rendez-vous compte ma bonne dame, quatre cent douze milliards de dollars.

Ce nombre très joli représente la pénalité que le groupe VW devrait payer si l’on poursuit le raisonnement entamé par les USA hier. En effet, l’amende s’élevait à 37 500 $ par véhicule en infraction. Seulement hier, on partait d’environ 500 000 véhicules. Aujourd’hui, les sales gosses de Wolfsburg avouent 11 millions de voitures, d’où le nombre très rigolo ci-dessus.

Rigolo parce qu’au départ, une petite ONG américaine voulait prouver que les moteurs diesel constituaient une véritable alternative écologique, de par le consommation moindre. Elle fit donc procéder à des tests « live » .

Rigolo surtout parce que le fonctionnaire US qui a découvert le pot-aux-roses s’appelle John German.

Rigolo parce que VAG était en train de persuader les Américains que leur moteur clean diesel (sic) représentait une prouesse technologique, témoin le papy en référence.

Rigolo encore parce qu’ils avaient déjà procédé à un rappel des 500 000 véhicules, n’avaient quasi rien changé, et s’étaient imaginé passer au bleu.

Rigolo toujours, parce que le très vertueux et exemplaire gouvernement teuton vient d’avouer qu’il était au courant. On rirait encore plus si le gouvernement grec décidait d’enquêter sur les véhicules allemands en service sur son territoire.

Rigolo aussi parce qu’en Europe, personne ne teste les véhicules en conduite normale. On met l’engin sur des rouleaux, on gonfle les pneus basse consommation à 5 psi, voire plus, on stabilise à 120 km/h. On obtient des consommations et des émissions 20 % en-dessous de la réalité. D’où la question : mais comment se fait-ce que l’Europe tolère ce genre d’escroquerie ?

VW et ses petits copains ont une capacité d’influence sur l’UE à laquelle ni vous ni moi ne pourrons prétendre. Grâce à leur proximité quasi-incestueuse avec nos politiques, ils dictent à la fois leurs normes et leurs procédures de vérifications. Problème, ils vendent aussi hors Europe. Et là, ça redevient rigolo.

On se doute que VW ne payera pas 412 milliards €. Et c’est dommage quelque part. Hors implications industrielles, cela signifie que l’air pollué est moins important pour la santé d’un Européen que pour celle d’un Américain. Normal, me direz-vous, les politiques américains ne protègent pas VW. Les Européens bien. Seulement les Allemands ? Aujourd’hui, c’est pareil. Et c’est pas rigolo.

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