Google –

Le moteur de recherche du web n’obligera plus à passer par son réseau asocial au nom idiot pour se connecter à youtube. L’énoncé peut paraître anecdotique ; il révèle pourtant un état semi-comateux. Malgré des profits en augmentation, on cherche en vain le médecin et les assistances respiratoires pour ramener le patient à la conscience.

De l’extérieur, il semble que le désastre de Wave ait marqué Big Broogle au fer rouge. Wave était conçu comme le nouvel outil de communication 3.0. Il incluait une messagerie instantanée, des news, une plate-forme d’édition interactive, … bref l’outil universel. Premier bémol, une invitation était requise. Deuxième bémol, on y accédait par une adresse @wave.com. Gmail raus. Résultat : des utilisateurs incapables de dialoguer avec leurs contacts habituels, impatience et frustration face au nouveau réseau à la croissance trop lente. Après quelques mois, Wave fut placé en logiciel libre, manière diplomatique de signifier sa fin, sans fleurs ni couronnes.

Depuis lors, on trouve les mêmes symptômes à chaque enterrement : un concept séduisant sur papier, mal marketé, sans support du top management. Perte de crédibilité après quelques mois et mise en bière.

Aujourd’hui le glas sonne pour Google+. Lancé à gros renforts de déclarations et d’effets de manches, Google+ devait empêcher l’essor de fesse-bouc. Mais derrière fesse-bouc, on trouvait un management dédié, impliqué à 110 %. Il livrait de nouvelles fonctionnalités au fil de l’eau. Chez Big Broogle, passé les effets de manche, plus rien.

Les Hangouts pareil : pas un développement depuis des lunes. Mieux, la version ioS est plus avancée que celle d’Android. Bref, l’accident industriel post Google+ est programmé. Que reste-t-il donc de solide ? Le moteur de recherche, les Docs, Android et Youtube.

Le coeur du problème est expliqué dans « How Google works », d’Eric Schmidt. Prétention et suffisance à part, le bouquin nous renseigne sur le souverain mépris des deux fondateurs pour le marketing. Or le marketing, c’est le GPS de l’entreprise. De là à conclure que Big Broogle navigue à vue…

… allons-y gaiement. Tout le marché spécule sur une fusion de chrome OS et d’Android depuis des années. Zilch, nada, niente, peau de z… . Résultat, un Kickstarter a levé plus d’un million USD pour porter Android sur PC et, de facto, faire concurrence à Chrome OS. Et d’un. Cyanogenmod, lui, a annoncé un Android sans Google dans deux ou trois ans. Nutella voulait même y investir. Bref, Android leur échappera bientôt. Et de deux.

A propos de Nutella, son nouveau Windows attaque le moteur de recherche de Google bille en avant : en renvoyant toutes vos infos à Redmond, le nouveau Windows 10 va lui permettre d’optimiser sa pub et de fermer le robinet à dollars de l’Empire. Déjà deuxième sur la recherche en ligne, Microsoft anticipe une augmentation des recherches par Bing de 10 à 15 %. Et de trois.

Bref, battu à plate couture sur les réseaux sociaux, inexistant en messagerie instantanée, attaqué par Microsoft sur le moteur de recherche et par fesse-bouc au niveau vidéo, bientôt dépossédé d’Android,… concluez vous-mêmes.

Certes, ils expérimentent à tout va : il y a la voiture automatique, 23and me, Boston Dynamics et autres aventures zarbies et mal, voire pas connectées du tout au core business. D’une part, cette dispersion même prouve l’absence d’un corporate GPS. D’autre part, dans ces aventures, Big Broogle fait plus figure d’épouvantail que d’éventuel partenaire.

On aimerait leur trouver des domaines prometteurs, tant leur présence nous a facilité le web. Problème : le web a changé et Google est restée la boîte des années 2000. Difficile de savoir si leur futur déclin est dû à l’indolence ou à l’arrogance. Peu importe : sauf feu d’artifice en 2016, l’avenir de Google est derrière lui.

Plex_30Googleplex, 2030

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