8 degrés de blonde

On s’est longtemps cassé la tête pour savoir qui on allait engu… cette semaine, entre Microsoft et son Spyware 10 (à déconseiller, pas stable du tout) ou Samsung et les deux phablettes les plus idiotes du moment. Puis, on s’est dit :  » Pensons positif  : on va leur parler de notre dernier week-end ».

Au global, on avait déjà étudié la Bourgogne, le Bordelais et la vallée du Rhône, sans compter l’Alsace. Toutefois, devant l’engouement de la planète de l’Europe de la région pour les bières belges, nous avons souhaité combler certaines lacunes. Nous voici donc parti pour Achouffe, siège de la brasserie éponyme, elle-même productrice de la Chouffe, blonde capiteuse et pétillante à la fois.

L’endroit est perdu dans les Ardennes belges, inconnu du GPS. Il faut saisir Houffalize, puis Achouffe dans le nom de la rue. Dans le village d’Houffalize, un char Tigre nous rappelle les fréquentes excursions teutonnes du siècle dernier. Même aujourd’hui, il impressionne encore.

Achouffe se situe au fond d’une petite vallée. Si vous ne freinez pas, vous passez au travers. Seuls points caractéristisques, quelques parkings pleins à ras bord de véhicules et autres camping cars. Ca doit être là.

Disons le de suite, autant la Chouffe est bonne, autant le site est décevant. D’abord le dimanche, la brasserie est fermée, signe que tout va bien, pas besoin de faire du marketing.

Seuls sont ouverts le magasin et le café attenant. Et les toilettes, les belges sont pragmatiques. Au magasin, on peut acheter de la bière, des verres à bière, des mugs à bière, des dérivés de bière, des casquettes à bière, des tabliers de cuisine à bière, bref plein d’articles complètement inattendus. Mais ça marche. Le marketing de la bière opère au premier degré.

A propos, Achouffe se trouve dans la partie francophone de la Belgique. Pourtant, ce dimanche, on ne l’aurait pas cru. Toutes les inscriptions sont en flamand. Même les maisons avoisinantes, à vendre ou à louer, s’affichent en flamand. Ce qui explique pourquoi je n’ai pas compris ce que la flamande faisait dans les toilettes hommes. Mais sans doute est-il temps de passer au second degré.

AchouffeLa brasserie est à l’arrière, en blanc

Au pied de la lettre (de l’alphabet)

A peine 36 heures après notre article pessimiste quant à leur capacité à innover, voici la première approche de réaction : Alphabet. Pas de doute, ils lisent ce blog. Ils nous ont pris au pied de la lettre.    

Voici donc Alphabet, société parapluie (non, pas holding) sous laquelle on trouvera tout l’Empire mais autrement. Sous l’ombrelle, celui qui prend le plus de place c’est Google himself, y compris tous les sous-produits ( maps, photos, Gmail, Chrome, Android, Youtube,…).  Son patron, c’est Sundar Pichai, la « tête à tout faire, dès qu’on a un problème ». A ses côtés, toutes les autres entreprises, telles que les ballons à Internet, Wing (drones), les projets X, les deux sociétés Ventures et Capital (devinez) et les sociétés du secteur de santé. Chacune rapportera ses résultats vers Page, Brin et Schmidt, les présidents, CEO et executive CEO d’Alphabet.  Incidemment, on avait déjà conseillé à Billou et Big Steve de faire pareil chez eux voici une demi-douzaine d’années.

Bien entendu, la bourse est aux anges : l’action a pris 6% en un soir. A titre de comparaison, 6% de leur capitalisation représente davantage que la valeur boursière de Twitter. A tout hasard, il se chuchote, dans les milieux autorisés, que l’oiseau bleu pourrait bientôt être capturé par le parapluie d’Alphabet. Coup de bol, l’appréciation de l’action leur offre Twitter gracieusement.

Pourquoi embrayer sur la bourse ? Parce que, par ailleurs, ils ont dû traduire notre post de dimanche avec Google Translate : la création d’Alphabet ne règle rien quant à l’obsolescence de leurs services. Aucune annonce sur la gestion de l’innovation, aucune nouvelle vision stratégique,… Nous sommes face à une restructuration interne, destinée à flatter les marchés. Elle vise aussi probablement à endiguer la fuite des cadres. Pour le reste, nos conclusions de dimanche restent d’actualité.

De quoi donner raisons aux blogs américains, pour lesquels Big Broogle est devenue une société ch…. Pas sûr qu’un autre film sur des stagiaires désireux de rejoindre Alphabet changera cette perception.

Plex_umbrellaAlphaplex, 2030. On a mis le vélo sous le parapluie aussi

Google –

Le moteur de recherche du web n’obligera plus à passer par son réseau asocial au nom idiot pour se connecter à youtube. L’énoncé peut paraître anecdotique ; il révèle pourtant un état semi-comateux. Malgré des profits en augmentation, on cherche en vain le médecin et les assistances respiratoires pour ramener le patient à la conscience.

De l’extérieur, il semble que le désastre de Wave ait marqué Big Broogle au fer rouge. Wave était conçu comme le nouvel outil de communication 3.0. Il incluait une messagerie instantanée, des news, une plate-forme d’édition interactive, … bref l’outil universel. Premier bémol, une invitation était requise. Deuxième bémol, on y accédait par une adresse @wave.com. Gmail raus. Résultat : des utilisateurs incapables de dialoguer avec leurs contacts habituels, impatience et frustration face au nouveau réseau à la croissance trop lente. Après quelques mois, Wave fut placé en logiciel libre, manière diplomatique de signifier sa fin, sans fleurs ni couronnes.

Depuis lors, on trouve les mêmes symptômes à chaque enterrement : un concept séduisant sur papier, mal marketé, sans support du top management. Perte de crédibilité après quelques mois et mise en bière.

Aujourd’hui le glas sonne pour Google+. Lancé à gros renforts de déclarations et d’effets de manches, Google+ devait empêcher l’essor de fesse-bouc. Mais derrière fesse-bouc, on trouvait un management dédié, impliqué à 110 %. Il livrait de nouvelles fonctionnalités au fil de l’eau. Chez Big Broogle, passé les effets de manche, plus rien.

Les Hangouts pareil : pas un développement depuis des lunes. Mieux, la version ioS est plus avancée que celle d’Android. Bref, l’accident industriel post Google+ est programmé. Que reste-t-il donc de solide ? Le moteur de recherche, les Docs, Android et Youtube.

Le coeur du problème est expliqué dans « How Google works », d’Eric Schmidt. Prétention et suffisance à part, le bouquin nous renseigne sur le souverain mépris des deux fondateurs pour le marketing. Or le marketing, c’est le GPS de l’entreprise. De là à conclure que Big Broogle navigue à vue…

… allons-y gaiement. Tout le marché spécule sur une fusion de chrome OS et d’Android depuis des années. Zilch, nada, niente, peau de z… . Résultat, un Kickstarter a levé plus d’un million USD pour porter Android sur PC et, de facto, faire concurrence à Chrome OS. Et d’un. Cyanogenmod, lui, a annoncé un Android sans Google dans deux ou trois ans. Nutella voulait même y investir. Bref, Android leur échappera bientôt. Et de deux.

A propos de Nutella, son nouveau Windows attaque le moteur de recherche de Google bille en avant : en renvoyant toutes vos infos à Redmond, le nouveau Windows 10 va lui permettre d’optimiser sa pub et de fermer le robinet à dollars de l’Empire. Déjà deuxième sur la recherche en ligne, Microsoft anticipe une augmentation des recherches par Bing de 10 à 15 %. Et de trois.

Bref, battu à plate couture sur les réseaux sociaux, inexistant en messagerie instantanée, attaqué par Microsoft sur le moteur de recherche et par fesse-bouc au niveau vidéo, bientôt dépossédé d’Android,… concluez vous-mêmes.

Certes, ils expérimentent à tout va : il y a la voiture automatique, 23and me, Boston Dynamics et autres aventures zarbies et mal, voire pas connectées du tout au core business. D’une part, cette dispersion même prouve l’absence d’un corporate GPS. D’autre part, dans ces aventures, Big Broogle fait plus figure d’épouvantail que d’éventuel partenaire.

On aimerait leur trouver des domaines prometteurs, tant leur présence nous a facilité le web. Problème : le web a changé et Google est restée la boîte des années 2000. Difficile de savoir si leur futur déclin est dû à l’indolence ou à l’arrogance. Peu importe : sauf feu d’artifice en 2016, l’avenir de Google est derrière lui.

Plex_30Googleplex, 2030

Una vera nuova finestra

Cette semaine, est marquée par deux événements difficiles à contourner. Commençons par le plus génial : le Rockin’ 1000 organisé à Cesena, en Italie. Le résultat est énoooooorme et part d’une idée absolument géniale. Désireux de voir son groupe favori se produire dans sa ville, un italien a invité 1.000 musiciens à venir interpréter « Learn to fly », gracieusement.

L’organisation lui a pris un an et au final, il a rassemblé 350 guitaristes, 250 chanteurs, 250 batteurs et 150 bassistes. Il a placé la vidéo, y compris une invitation au groupe sur youtube. A ce jour on recense presque 15 millions de vues. Bien entendu, les Foo Fighters ont promis de venir, difficile de résister à un moment pareil (sans compter la pub gratuite).

On est dans la Comm 2.0, la plus pure. Le concept est bluffant, les résultats aussi et le tout sur base d’un vrai modèle collaboratif. Difficile de ne pas relier ce modèle aux affirmations de Rifkind : lui nous annonce la fin du capitalisme et son remplacement par une société basée sur le modèle collaboratif. Au niveau communication, les italiens viennent de l’inventer.

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