On est foutu, on ne mange plus

Récapitulons : la semaine dernière, les cours du jus d’orange crèvent les plafonds. En cause, un insecte asiatique (il n’a donc rien perdu dans le coin) qui fera chuter la récolte en Floride. On s’attend à une production réduite de 25 %.

Voici quelques jours, on nous annonce une menace similaire sur la banane. Un champignon s’attaque au fruit turgescent. Problème, le monde n’apprécie qu’une seule sorte de banane : la cavendish. On ne cultive quasi plus rien d’autre. Laissez le champignon attaquer cette variété et, en 2015, c’en est fini du phallus bio.

Aujourd’hui, rebelote : The Independent annonce une menace mondiale sur blé. Ici aussi, la source du problème, c’est un champignon.

Avant d’échafauder la nouvelle théorie du complot, sachez que, pour l’heure, personne n’a prononcé le mot « Monsanto ». Le coupable réel semble être le réchauffement climatique.

Pour le blé, la solution, d’après le quotidien britannique, consiste, à créer de nouvelles variétés, à partir d’orge ou autres cousins sauvages. Ça paraît évident. Tellement qu’on se demande pourquoi on a fait le contraire avec la banane : monoculture à tous crins. Mais, pour cette dernière, bonne nouvelle itou. Une nouvelle variété a été mise au point : la Goldfinger, en test en Australie. Sans être plein comme un tonton flingueur, on lui trouve un petit goût de pomme.

Pour l’instant, la Goldfinger ne fut pas testée en Europe. On s’en doute un rien. D’abord, une banane au goût de pomme, ça plaira moyen. Ensuite, il se trouverait des esprits grincheux pour se dire qu’on vit une époque formidable : on est obligé de réinventer la nature à posteriori parce qu’on la salope au départ. Enfin, il n’est pas sûr qu’une banane au goût de pomme nous donne envie de chanter.