Technossaire : U Ubuntu

Mai 2011 : Big Steve suinte sous les bras et met 8,5 Mia USD sur la table pour acquérir skype. Wired pose la bonne question : pourquoi. Wired trouve les mauvaises réponses. A l’aulne Au prism de l’affaire Snowden, des langues se délient. Big Steve aurait été aidé par l’Etat américain pour racheter le leader mondial en vidéo-conférence. Création européenne, skype présentait le handicap (aux yeux de l’oncle Sam) d’un protocole de communication incassable. Deux ans plus tard, skype est un gruyère, à éviter absolument si vous cherchez la confidentialité.

Pourquoi ce préambule hyper-long dans un post dédié à Ubuntu me direz-vu vous ? Parce que l’exemple de skype illustre à merveille pourquoi nous devrions tous passer aux logiciels libres (en tous cas nous, européens). Leurs sources sont publiques, leurs développeurs répartis autour du globe. Un petit malin y crée une backdoor ? Dans les jours qui suivent, la porte se referme et le voyou se voit traîné dans la boue sur l’ensemble du web.

Ubuntu constitue, avec LibreOffice et Mozilla, la figure de proue des logiciels libres. OS basé Linux Debian, il est d’une simplicité enfantine à installer (si, même si vous avez UEFI) et à utiliser. Seuls le bas clergé, la plèbe et les fiers citoyens de Béotie oseront encore des réflexions du type « c’est un truc pour geeks ». D’ailleurs, en général, les mêmes s’avachissent devant les fenêtres à Big Steve et attendent. Attendent le démarrage de l’application. Attendent le retour du bouton Start. Attendent le nouveau nom de Skydrive. Peu importe. Là où, avec Ubuntu, l’individu est productif après une grosse demi-heure d’installation, le windowsien, lui, attend. A l’instar des Shadoks, le windowsien pense qu’il vaut mieux attendre même s’il ne se passe rien que de risquer qu’il se passe quelque chose de pire en n’attendant pas.

Surtout Ubuntu ose. Ubuntu fut le premier à décider de se passer de Gnome. Aujourd’hui, Unity (son interface-utilisateur) est mûr, facile d’utilisation et non-invasif. Ubuntu ose aussi se passer de X11 et de Wayland. Cris d’orfraie dans la communauté Linux. Pourtant, tout pointe vers un succès assuré de Mir. L’utilisateur veut vitesse et convivialité. Ubuntu lui offre les deux.

Il lui offre davantage même : bientôt, nous aurons le même OS sur notre PC et sur notre smartphone . (heureusement d’ailleurs, l’oncle ci-dessus écoute aussi Android  et je ne vous parle même pas des autres OS).

Ubuntu sur notre smartphone, certes pourtant ce ne sera pas Ubuntu Edge (sauf miracle).  Le programme de crowdfunding hyper-ambitieux de Cannonical est en train d’échouer : ils voulaient lever 32Mio USD en autant de jours. Ils sont resté plantés autour de 7Mio toute la semaine. Le défi paraît impossible. Dommage, l’Ubuntu Edge devait fonctionner comme smartphone et PC à la fois (en poolant les librairies communes à Linux et Android). Dommage aussi parce que l’Ubuntu Edge est un smartphone sublime. Toute médaille ayant son avers, si le projet échoue, ils discuteront avec les producteurs actuels afin qu’Ubuntu Touch soit proposé comme OS alternatif sur les modèles existants.

Donc parfois, Ubuntu échoue. Mais parfois Ubuntu gagne. Et gagne gros. Impossible de savoir pourquoi tout le monde fait profil bas sur le sujet mais notre OS préféré va équiper la Chine, petit pays à l’Est de la Russie. Les chinois, méfiants à l’encontre des backdoors de Big Steve, ont décidé de s’en passer, point barre. On notera, en fin du communiqué officiel, les mots « secure and stable »… Comme l’Europe, elle, ne fait rien, on en conclura que pour elle, « secure and stable », c’est du chinois. Quoi qu’il en soit, la Chine représente environ 500 millions de PC’s. Les prochains camemberts sur les parts de marché vont en faire suinter certains.

Ubuntu n’est pas parfait : la communauté Linux lui reproche un manque d’implication dans le développement du noyau et Unity rebute les inconditionnels de Gnome. Pourtant, au fil du temps, Cannonical est arrivé à proposer un éco-système complet, du desktop au serveur en passant par les outils de gestion, le cloud et bientôt la téléphonie. Cerise sur le gâteau, ils semblent avoir atteint l’équilibre financier fin 2012.

 

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