Technossaire : T(3) twitter

Twitter : Quelle idée stupide : parler de Twitter au moment même où Lady Gaga ferme son compte. Face à pareille défection, l’intérêt devrait être en chute libre. Ou presque.

En fait, Twitter met en évidence le différentiel terrible entre les États-Unis et l’Europe en matière de TIC’s. Essayez, chez nous, d’intéresser un venture capitalist dans le contexte suivant :

– “je voudrai lancer un service de messagerie courte, limitée à 140 caractères”.

Europe :

– “Pfff, vous rigolez, monsieur, cela s’appelle le sms, çà existe déjà et votre idée n’a aucun avenir”.

-”Oui, mais moi, ce sera basé sur Internet”

– “Aucun intérêt, vous ne rentabiliserez jamais”.

U.S.

-”Yeah, great, how much do you need ?”

 

Résultat : un service non rentable pendant trois ans. En bout de course, ils se sont rabattus sur la pub, comme tout le monde. Aujourd’hui, twitter gagne de l’argent et la société est évaluée à 10Mia USD (en ce inclus Vine, le service vidéo pour mobiles ).

Au départ, on n’y voyait qu’un outil pour égos surdimensionnés, prétentieux et désireux de faire le buzz autour de leur précieuse personne. A raison : tous les politiciens (voir description ci-avant) ont un compte twitter. Nous n’étions pas seuls : le grand Noam Chomsky, le plus grand linguiste de notre temps qualifiait twitter de « shallow communication », de communication creuse.

Vu leur inépuisable appui financier, on a finit par lui trouver deux fonctions :

– un service de news : lors de la mise hors service de Bin Laden, c’est un twit pakistanais qui vendit la mèche.

– une manière de sonder l’opinion en temps réel : dans l’étape du Ventoux, 7 tweets sur 10 relataient leur incrédulité, voire leur dégoût, tant la performance de Froome leur paraissait suspecte.

Le lecteur attentif de rétorque : « ces fonctions n’enlèvent rien au caractère superficiel du service ». Tout-à-fait, cher lecteur, et c’est même, à mon humble avis une de ses caractéristiques principales. En ce sens, nous sommes assez d’accord avec l’article en référence. Un twit isolé constitue un bruit, sans plus. Une agrégation de tweets peut constituer une présomption d’événement. La presse sérieuse a d’ailleurs fait le tri. La grande majorité accepte les blogs, plates-formes qui permettent la réflexion, mais ignore les tweets. En ce, votre serviteur n’est pas isolé: 13 % des américains seulement lisent les fils twitter. Par contre, une majorité se fie à Fesse-bouc, LinkedIn ou Google +.

Par ailleurs, twitter, c’est le paradigme de l’information en temps réel. L’avantage réside dans l’immédiateté. L’inconvénient se trouve dans le manque de contrôle et dans les réactions épidermiques. Aussi appelées gaffes, boulettes voire pire, les exemples de ces dernières abondent.

Née d’une idée à deux balles, twitter, n’aurait jamais dû exister, tant la rentabilité fut longue à venir et tant l’innovation était absente. En fait sans la pub, twitter serait déjà mort. D’autre part twitter n’apporte de réelle valeur ajoutée qu’à travers des exercices de business intelligence. En creux, twitter illustre la vanité humaine : sans ce service, pas possible de faire savoir au monde ce que pense votre précieuse personne à t0. Ca me ferait presque aimer Lady Gaga.

Crâne de piaf
Crâne de piaf