Technossaire : S (2) SAP

C’est gros, c’est cher, c’est pas Bosch mais c’est allemand : c’est SAP.

SAP, c’est la boîte des extrêmes, de quoi rendre l’observateur un rien schizo. Un géant des logiciels d’entreprise (ERP) mais en même temps le dernier gros éditeur européen. Une société allemande mais dont la majorité des revenus et le top management émanent des U.S.

Tiens, parlons-en du management  le suivi des allées et venues au dernier étage de Walldorf relèvera bientôt du Big Data. Sur ce plan, SAP partage un point commun avec Sony ou HP : une fois les fondateurs partis, on note un flottement certain. Si vous y ajoutez une série d’acquisitions à intégrer au même moment, et de sempiternelles réorganisations ça devient un tout petit peu le foutoir. En fait, le job de CEO chez SAP s’assimile au stage grassement payé. Parmi ces stagiaires, on recense le célèbrissime Apoteker. Suite à son CDD à la tête du géant teuton, il décrocha un autre stage de boss chez HP, qu’il mena à deux doigts de la faillite.

Aujourd’hui, SAP est gouverné par un duo : un danois aux abonnés absents (si, ça existe) et un américain. Par contre, ils enregistrent deux départs : la DRH d’abord et surtout le patron de la division Cloud. Ce dernier avait vendu sa boîte à SAP pour la modique somme de 2,8 Mia USD voici 18 mois. Pour remplacer la DRH, ils ont trouvé une ex-collaboratrice de Donald Rumsfeld, un ex-ministre de la défense de W (celui qui n’aimait pas la vieille Europe).

Ne versons pas dans la caricature : certes, SAP n’est pas un modèle pour troisième année en école de commerce. Mais la panoplie de produits les place en pointe dans de nombreux domaines : sans concurrence dans la gestion intégrée de l’entreprise, ils dominent aussi la Business Intelligence (la structuration des données pour les rendre compréhensibles aux cerveaux limités des managers). Ils placent beaucoup d’espoirs dans un produit assez unique : Hana. Il s’agit d’une base de données résidente en RAM, d’où une rapidité de traitement à faire grisonner Ellison et suinter les aisselles à Big Steve. Hana les place en pole sur le marché du Big Data.

Ils en auront besoin : chez SAP tout est cher : les licences, les adaptations et intégrations dans l’existant, les consultants externes, le personnel et le management (les deux boss ont raflé 17Mio l’an dernier).

Bref, le dernier éditeur européen est gros, cher et géré moyen. Mais SAP a un cœur aussi : ils engageront jusqu’à un pourcent d’autistes, soit 650 personnes, d’ici 2020.

Boss_bien_sape

Ceci est un Boss bien sapé