Technossaire : P

Pinterest  : il y avait Fesse-bouc pour l’exposition de votre vie privée, LinkedIn pour vos relations professionnelles, Youtube pour la vidéo, Meetic ou Attractive World pour les jambes en l’air. Pour d’aucuns, cela ne suffisait pas. Ils nous ont donc inventé un nouveau gouffre béant : à part Picassa ou Flickr, rien pour la photo, se dirent nous dirent les promoteurs. Voici donc un tableau à punaises virtuel, auquel ils adossent l’inévitable aspet réseau social sans lequel aucune appli web ne buzze. D’où le nom : to pin : afficher (pendre à l’aide d’une punaise) et interest : intérêt. L’époque est comme ça : si vous êtes capables  de donner un goût de réseau social à des boîtes de petits pois, vous pouvez commencer à vous rendre aux îles Caïmans.

 

Il paraît que Pinterest est très intéressant. Intéressant d’abord parce qu’on y publie ses photos. Ensuite, des gens viennent commenter vos photos. Ou pas. S’ils ne viennent pas, vous n’avez pas compris COMMENT metter en valeur vos créations. Donc, vous recommencez et publiez à nouveau. Dans l’espoir que des gens viennent commenter vos photos. Ou pas. S’ils ne viennent pas, vous n’avez pas compris…

C’est intéressant, hein ? D’ailleurs, Pinterest est d’ores et déjà le 34e site le plus consulté au monde, selon Alexa. Bluffant : 34, c’est le code de l’Espagne, un très beau pays,à la culture très intéressante. Incidemment, les esprits éveillés auront déjà noté qu’aucun pays n’a sollicité le code 35.

S’il vous reste une case libre malgré tous ces intérêts, rappelez-vous la sacro-sainte règle du marketing : plus un produit est industriel, plus il faut vendre du rêêêêve. Donc si des becs verseurs en alu remplissent cinquante pots en plastique blanc de yaourt industriel toutes les trois secondes, la pub vous vendra les verts pâturages, les papillons, les petits oiseaux et la prim Holstein toute proprette, meuglant de plaisir sous le chaud soleil de juin.

Par extension, quand un réseau social n’a rien d’intéressant à offir, à part des photos de recettes ou de la main de ma sœur dans la culotte du zouave, il doit obligatoirement inclure le mot « interest ». En somme, personne ne s’étonnera d’apprendre que le ringard de service y interface son moteur de recherche…

Voilà, il est l’heure d’aller jouer avec les filles du numéro 35.

 

 

Porn : si, si porn, en français, porno. D’abord pour combattre une véritable hypocrisie : le porno, c’est honteux, scandaleux, sale, bas, dégradant, sexiste et j’en passe et des meilleures. Le porno, c’est aussi un tiers du trafic de la toile, des volumes mesurés en pétabytes. Bref, tout le monde reluque en catimini mais condamne au gigot-haricots du dimanche.

Flash-back : dans les années ’80, cest cette industrie qui décida du succès du standard VHS (cassettes-vidéo) face aux deux autres. Dix ans plus tard, leur décision fit pencher la balance pour le Blu Ray. Donc, cette industrie a un impact réel sur les technologies, même si celui-ci est appelé à décliner.

Leur perte d’influence s’explique d’une part par la pudibonderie de l’époque, d’autre part par la mulitplication des innovations technologies, dont une majorité ne concerne pas l’industrie de la reproduction simulée.

Pourtant, dans un avenir prévisible, le porno est appelé à se prononcer sur le sort de deux innovations récentes  : la 3D et les Google Glasses (ou autres glasses, puisque tout le monde et son frère s’y met).

Leur intérêt pour la 3D est modéré : les deux tiers personnes sondées (… par enquête d’opinion) pensent que l’impact du relief sera limité. L’intérêt pour les Google Glasses, par contre, est avéré : tant Alana Evans que Missy Martinez y voient une véritable révolution. Ces deux spécialistes (pas en lunettes) sont à la fois practiciennes et théoriciennes : leurs compétences fonctionnelles ne peuvent être mises en doute. D’après elles, les Google Glasses permettront de filmer différemment, à d’autres endroits anatomiques et d’augmenter l’intérêt lesbien pour le 7, 69e art.

Toujours prompt à adopter les dernières tendances technologiques, l’industrie s’apprêterait en outre à s’ouvrir aux bitcoins.  Non, la nouvelle monnaie Internet. En effet, les bitcoins offrent l’avantage du paiement anonyme, non négligeable, là où les mentalités refusent encore à la partouze permanente.

Nous avons évoqué ci-dessus l’impact direct sur les technologies. Terminons par l’impact en creux : les efforts de la vieille pomme pour censurer tout nichon, ceux de Fesse-Bouc pour cacher tout téton sont à ranger dans cette catégorie.

Primo-adopteur, vecteur d’énormes volumes de données et d’argent, le porno a, par le passé, démontré ses capacités à engager le monde vers de nouvelles technologies. Cette année encore, ses choix pèseront sur les produits grand public novateurs.

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