Technossaire : N (2) Nvidia

Curieux comme on a l’impression d’une boîte dispersée sur les opportunités du moment (ou sur la fuite en avant), plutôt qu’autre chose. Pour l’instant, AMD est plutôt tranquille. Nvidia met donc l’accent sur les cartes graphiques, son secteur historique. Mais, récession dans le monde du PC oblige, ils ne peuvent plus tabler sur ce marché uniquement. Fort logiquement, ils offrent donc des processeurs pour tablettes et smartphones.

 

Rendons leur cet hommage, ils sont créatifs. Témoin leur technologie Grid ou leur nouvelle console de jeu, le projet Shield. Pourtant, à la lecture de ces innovations, le problème saute aux yeux : où est le fil conducteur ? Par extension, où est la stratégie ? D’autant qu’un doute nous étreint (pas trop quand même) : et si la console de jeu n’était qu’un pis-aller, une conséquence de la perte du contrat avec Sony  pour la PS4 ?

Nvidia est une société innovante : l’architecture CUDA sur les serveurs en témoigne. Simplement, elle ne semble pas intéresser grand monde. Et nous arrivons au cœur du problème : cartes graphiques à part, les produits-phares sont des franchises.

Ces autres vaches à lait se nomment Tegra, des SoC (Systems on a Chip) basés sur les licences ARM, les références en matière de nomadisme. Seulement, on se bouscule au portillon : Qualcomm, Nvidia, Samsung,… Et dans certains cas seulement Nvidia est leader.

Avec les Tegra 4 par exemple, d’une puissance folle, telle que peu utilisable dans les smartphones, d’un AnTuTu (supposé) de plus de 36 000, soit le double d’un Galaxy Note II. Bref, si les tablettes constituent l’avenir, Nvidia peut espérer le futur au soleil. La situation est moins brillante du côté des smartphones. En cause, l’absence actuelle d’un SoC intégrant aussi un modem (et surtout un modem LTE), sans trop pomper la batterie. En fait cette intégration vient d’intervenir mais son impact ne se fera pas sentir avant 2014.

Bref, la situation d’ Nvidia semble bancale. Dominateur sur un marché en récession (les cartes graphiques), il sauve la mise sur les tablettes grâce à ses Tegra, sous licence. En revanche, il a tout à prouver au niveau des smartphones, où il risque d’arriver trop tard : en 2016, la Terre devrait compter plus de smartphones que d’humains. Le marché sera saturé. Reste à esprérer un redémarrage du PC. Là ils sont nombreux.

Nombreux à espérer.