Technossaire J-L

J

Just Another Vague Acronym : parfois appelé Java. La plate-forme de développement a séduit, à l’origine, par sa portabilité (et aussi par sa proximité avec le C++). Mais c’était à l’époque SUN. Depuis, SUN fut racheté par Oracle et, aujourd’hui, Just Another Vague Acronym bénéficie de juste un vague support. Le nouveau taulier aime les licences payantes. Comme Java est gratuit, il ne semble pas au centre des préoccupations, sauf besoins internes. D’où les récents flottements.

L’intérêt de traiter du sujet est plus sociologique que technique. Aujourd’hui, Java crée un conflit de générations où très souvent, les plus jeunes programmeurs sont les plus compétents . En cause, les changements de frameworks successifs et la formation qui n’a pas suivi. Pas facile à gérer, on se retrouve de plus en plus souvent face à des jeunes frustrés. Moins payés que leurs aînés, inférieurs sur le plan hiérarchique, ils sont conscients de produire un meilleur travail sans véritable reconnaissance. D’où l’instabilité dans les équipes.

Juniper : fabricant de routeurs spécialisés dans les réseaux à larges bandes. Bon résultats en 2012, gamme complète sur son créneau. Comme Cisco et les autres chinois, on attend des nouveautés un rien surprenantes. L’avènement d’IP6 pourrait leur en offrir l’opportunité.

K

Kobo : si, ça existe. Ils sont même les deuxièmes vendeurs de liseuses mondiaux (ebooks), au monde planétaire. Ils en ont même différentes tailles. Ils proposent aussi des livres numériques à télécharger directement. Bref, un petit écosystème complet. En fait, ils sont le principal rival du Kindle.

L

Lenovo : qui est numéro un  des PC’s ? HP revendique la place. Faux dit Lenovo. Quoi qu’il en soit, qu’il en fût ou qu’il en puisse être, leurs laptops sont de loin les meilleurs du monde (très chers aussi), fruit du rachat des légendaires Thinkpad d’IBM. Là où votre portable tiendra trois ans, le Thinkpad, lui vous servira au moins une demi-décennie. Ajoutez-y un clavier exceptionnel, bref peu importe s’ils sont numéro un ou deux, leurs Thinkpad sont excellents.

Lenovo commercialise aussi des tablettes et des ardoises, avec un certain succès. Au CES, ils ont présenté deux smartphones sous Android, avec processeur Intel Clover Trail, une vraie bête de course. Bref, ils avancent dans les domaines porteurs, forts de la qualité de leur produits-phares. Tout le contraire de Dell.

LinkedIn : le réseau social professionnel par excellence s’appuie d’abord sur un management de qualité. Au contraire du vapourware de Fesse-bouc ou Twitter, LinkedIn offre des services concrets et directement branchés sur la vie de l’entreprise et des professionnels . Les acquisitions, modestes leur permettent d’obtenir davantage d’informations sur le membres afin d’optimiser les liens à l’intérieur du réseau (p. ex. l’excellent Rapportive).

Les fonctionnalités offertes permettent au recruteur de complémenter, voire remplacer les cv-thèques conventionnelles. Un petit effort sur le moteur de recherche les placera en position incontournable et rendra les monster et autres stepstone superflus.

On n’a pas fait de film sur LinkedIn. Pourant, les derniers résultats financiers étaient remarquables et le cours de l’action a triplé depuis son introduction en bourse. La vraie qualité se passe de  bling bling.

LG : face à l’autre coréen, l’autrefois dénommé Lucky Goldstar a sorti les canons. Débauchage de personnel, concurrence acharnée sur tout ce qui inclut un écran : téléviseurs où ils prétendent posséder une avance, smartphones où ils essayent d’embêter le gorille de la galaxy. L’autre annonce son S IV ? Je sors mon Optimus G Pro, avec des spécifications ébouriffantes.

En fait, entre les deux coréens, les relations étaeint aussi tendues qu’entre les deux Corée… Mais, comme nous sommes au pays du matin calme, on a résolu ses différents autour d’un déjeuner arbitré par quelques ministres. On n’est pas aux States, que diable.

Résultat, chacun retire ses plaintes et on va résoudre ses conflits en gentlemen, le tout probablement piloté par un ou plusieurs ministères. Peu importe les frictions entre les deux maisons, pourvu que le monde soit dominé par la technologie coréenne. D’une situation de concurrence acharnée, on a l’impression d’assister à la naissance d’un cartel ou d’un oligopole organisé par l’état. On n’est pas en Europe, que diable.

Technossaire H-I

H

HP : l’exemple parfait d’anti-management. En 2010 et 2011, une suite invraisemblable de changements de CEO génère des décisions stratégiques invalidées en cascade. Tout le monde se rappelle l’histoire de Mark Hurd, brillant CEO qui aurait vraisemblablement permis à l’entreprise de dépasser IBM. Malheureusement, en plus d’aimer l’IT, il aimait aussi tâter les tétons. Et comme on est aux States, exit le Mark.

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Technossaire F-G

F

Fesse-bouc : vient de lancer son moteur de recherche, basé sur Bing de Microsoft. D’après l’excellentissime Readtheweb, il s’agirait d’un non-événement. Aux États-Unis, le réseau antisocial perd son sang-froid et des membres, tant en son nom propre qu’au niveau de la retouche photo : la moitié des utilisateurs aurait quitté la filiale Instagram.

Fantasme récurrent : le fesse-bouc phone revient à intervalles dans la geekosphère. Reste à savoir à quels seraient ses atouts. D’ailleurs, la majorité des consultations provient déjà de la mobilité.

Tout le problème de Fesse-bouc réside dans une seule phrase : «que m’apporte l’exposition de ma vie au monde entier ? » Si vous y trouvez un intérêt, il est positif d’y contribuer. Reste que le réseau a quelque chose d’une drogue : l’effet de dépendance. La plupart, une fois leur profil créé, se sentent obligés d’y contribuer, jusqu’à l’overdose. Si vous vous déshabituez, le dealer vous enverra des mails de rappel.

Dernier point : il est socialement correct de posséder un profil Fesse-bouc. Raison pour laquelle l’occidental branché ne se conçoit pas sans. Raison pour laquelle aussi les règles biologiques ne s’y appliquent pas. Sur Fesse-bouc personne ne meurt. Au pire, on y est cryogénisé.

Friendfinder : ceci est un vrai fesse-book, à finalité avérée. Bénéficie de moins de buzz mais stimule les pulsions humaines. Peu d’innovations à attendre : Vatsyayana avait tout documenté autour du Ve siècle.

Foxconn : avec 1,2 millions d’employés, Foxconn est le plus grand employeur privé mondial du monde et de la planète, voire de la Terre entière. De leurs usines chinoises, ils produisent pour compte de la vieille pomme, d’HP, de Dell, de Sony, de Lenovo… Les conditions de travail, un rien sommaires, génèrent bien,à intervalles réguliers, un cadavre ou l’autre. Mais cela se passe loin de l’ensoleillée Silicon Valley. Récemment, Foxconn a ouvert une usine au Brésil. On ne sait jamais, au cas où la Chine interdirait de brûler les ouvriers à l’acide. Pour 2013, ils prévoient une usine aux States, complètement robotisée : pas une seule intervention sur place, pas une embauche. La mondialisation c’est quand l’occident subventionne le reste du monde. Le reste du monde, lui, renvoie l’ascenceur à sa façon.

Pour le reste, on prête à son patron l’idée de produire aussi son propre smartphone.

G

Google : Big Broogle pour les intimes. Au départ moteur de recherche, ils sont d’abord une agence de pub. Auteur d’innombrables solutions dont nous profitons gratuitement, en échange de revenus publicitaires, mais pas uniquement (les Google Docs rapportent plus d’1,5Mia USD par an). Côté pile, leur engagement pour l’environnement, côté face leur insistance à tout documenter de nos vies, à l’insu de notre plein gré. Parfois en avance (docs, cloud, android,…), parfois en retard (Google+), on imagine mal le web sans eux. La société semble remise sur les rails depuis la prise en mains par Larry Page (est-ce la raison qui pousse Eric Schmidt à vendre ses actions ?). En tous cas, on discerne une direction et une stratégie. Sans qu’on sache d’où viendra la prochaine innovation, on a déjà été déçus en 2013 : ils n’ont même pas été capables de tuer l’âne du Bostwana.

Parmi les innovations susceptibles d’être poussées cette année, on notera Dart, concurrent de JavaScript ou une nouvelle procédure d’identification, destinée à remplacer les mots de passe, une montre-terminal révolutionnaire, les fameuses Google Goggles pour la réalité augmentée ou encore la voiture sans chauffeur. En parallèle, des produits et innovations seront retirés : Calendar Sync, ou le Nexus Q ne passeront pas l’hiver.

En outre, notons le décollage surprenant des Chromebooks, des laptops de bas de gamme tournant sous Chrome et quelques bouts de linux : 2000 écoles américaines en seraient déjà équipées. On aimerait pouvoir tester en Europe, mais l’empire ne semble pas intéressé.

Enfin, l’agence de pub en ligne pourrait muter de manière radicale dans environ quatre ans. L’annonce de la voiture autonome pourrait, d’après certains analystes financiers, leur rapporter beaucoup plus que le web. Ouf.

Groupon : l’effet d’annonce s’est estompé. Le site d’achats groupés ne surprendra même plus s’il fait faillite.

Technossaire D-E

D

Death Star : il fallait 850 Mia USD pour la construction, on peut considérer le projet comme mort. Dommage : plutôt que de vaporiser la Terre, elle aurait pu la protéger des comètes et autres astéroïdes. Et comme on a besoin d’une cible fixe pour s’entraîner, on aurait pu viser la Commission de Bruxelles  et son bâtiment en croix, très facile pour les padawans.

D Link : dans la même situation que Cisco, sans la grosse plomberie. Peu de nouveautés prévisibles, sauf dans les applications.

Dell : Comme dit Eric Antoine « un jour, ça va revenir à la mode ». Ah oui, ils veulent lever 25Mia USD afin de racheter les propres actions et quitter la bourse. A côté de Michael, qui veut garder le contrôle, Big Steve himself aimerait mettre 3Mia USD dans le nourrain. Dell et Microsoft, ça sent bon John Travolta et Olivia Newton-Jones, la Ford Capri, les pattes d’éléphants, Token-Ring et le modem 28k.

A part le monde classique du client/serveur (vous vous rappelez?), ils ont tout raté ou zappé. Reste le projet Ophelia, sorte de clé USB capable de transformer tout écran en terminal intelligent. Fabuleux, d’ailleurs Linux fait ça depuis des années.

E

ebay : campée sur une position financière solide, la plate-forme offre à peu près tout ce qui peut faire votre bonheur. Les applis pour tablettes ou smartphones sont conviviales. Ceci étant, on ne voit pas d’où les grosses innovations viendraient. En fait, le gros des rentrées d’argent vient de Paypal, leur filiale de paiement sécurisé en ligne. En soi, ce n’est pas une bonne nouvelle, les solutions technologiques en ligne (Square, NFC,…) viendront de plus en plus concurrencer la vache à lait. Pour le reste une extension de leur marché les conduirait inévitablement à affronter Amazon. Succès pas garanti.

Ensch : Comme les harengs-pomme à l’huile d’OSS 117, on m’en dit le plus grand bien.