Reprise des austérités

On avait déjà indiqué ici tout le mal qu’on pensait des laptops Toshiba Satellite. Comme chez Tosh, ils étaient d’accord, le mien a rendu l’âme voici deux semaines, d’où mon silence webeux. Heureusement, j’ai dégoté un Asus K55A à un excellllent rapport qualité-prix. Le temps d’installer Linux Mint Nadia sous Cinnamon et me voilà à polluer à nouveau l’éther.  Ca tombe pile : un article lu ce weekend m’a rendu très nerveux ; je ne pouvais pas garder ça pour moi.

L’Allemagne  amoureuse de la Grèce , la France obnubilée par Hercule contre Maciste, c’est dans un canard luxo que je découvre la bombe : ArcelorMittal n’existe pas.

L’article en question fait référence à une recherche de Médiapart sur le numéro un de la sidérurgie. Au départ petit industriel asiatique, Mittal profite de l’effondrement de l’ancienne URSS pour acheter des usines à gauche et à droite pour une bouchée de pain. Seulement, ces entités produisent des aciers de base, à faible valeur ajoutée. Pour monter en gamme, il faudrait s’offrir le leader en technologie mais ça c’est cher. Ca vaut, au bas mot 7Mia.

Heureusement, Zorro est arrivé : Goldman Sachs, roi de la thune, finance « ArecelorMittal ». Tatsoiiiin. Les voici rois de la finance et des hauts fourneaux. Manque de bol, les aciers chinois débarquent peu après, à des prix…  chinois.

Conséquence, ArcelorMittal affiche aujourd’hui une dette de 22,5Mia USD. Un rapide coup d’oeil sur Forbes nous mène au coeur du réacteur : la fortune de Lakshmi ne couvre que 16Mia USD. En clair, ArcelorMittal appartient à Goldman Sachs (plus 6,5Mia). Même sa maison la plus chère du monde ne suffirait pas à apurer.

De mémoire, Mittal a fermé au moins huit usines dans l’UE cette année (2 en Belgique, en France, au Luxembourg et en Espagne). Certains gouvernements ont négocié avec lui ou ses lieutenants. On doute qu’ils étaient au courant : nationaliser Goldman Sachs, n’aurait pas présenté de problème éthique particulier. Ou alors, l’Europe attend la mise en faillite, histoire de racheter chaque usine pour la même bouchée de pain (histoire aussi d’offrir un petit dej aux pauvres hères de Goldman)… L’austérité touche décidément tout le monde.

On se relèverait pour en rerire encore si on travaillait en Chine ou chez Goldman. Manque de bol, l’acier c’est comme le high tech : le match se joue entre américains et asiatiques.

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La petite maision dans la City : comptez environ 125Mio € (sans le notaire)