Philosophie du lancer

Lancer : verbe du 1er groupe, transitif direct. Subjonctif imparfait : que nous lançassions.

  1. Imprimer à quelque chose un mouvement qui l’envoie à travers l’espace
  2. Faire connaître ou reconnaître d’un large public (Larousse).

Exemples :

Aux États-Unis, on organise régulièrement des lancer de nains, auxquels les Scandinaves préfèrent le lancer de femmes. Pour éviter tout problème, ces derniers se cantonnent aux épouses. Moins poétiques, les Écossais, eux lancent des troncs (d’arbres).

Google, lui, vient de lancer des Nexus. La vieille pomme lance un ail-pattes, Big Steve lance Windows 8. Nokia vient de lancer ses Lumia, tandis que les Finlandais ont lancé des portables.

Philosophiquement, LA question du lancer est cousine de celle du rire. Si l’on peut rire de tout, peut-on tout lancer ? Pour le rire, la réponse concerne l’entourage. « Oui, on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui. Pour le lancer, la réponse est bi-directionnelle. Pour la première définition, mentionnons la limite physique au lancer : ma fille ne peut pas lancer une Daihatsu Terios. Mais le DirCom de la société le peut, dans la deuxième définition.

Si l’on rit de n’importe quoi avec n’importe qui, on s’expose à des ennuis. Si l’on lance n’importe quoi au milieu de n’importe qui, idem. Exemple, cet artiste belge qui a organisé un lancer de chats à Anvers. Il s’est attiré les critiques au point qu’une avalanche de plaintes le prend pour cible. Pourtant il a tenu compte de ses limites  physiques : il a évité le lancer des Daihatsu Terios.

Reste le problème du vecteur. Anvers est une ville portuaire. L’artiste aurait donc pu lancer des maquereaux ou des bas résille. De même, Anvers abrite un zoo. Pourquoi dès lors, ne pas lancer des dik dik de Kirk ou des tatous ? La restriction aux seuls félins domestiques, fortuite ou délibérée ne lui permettra pas d’esquiver la question ultime : est-ce de l’art ou du cochon ?