Art Majeur

Eté oblige, l’actualité des TIC donne dans l’ennuyeux. Soucieux de vous distraire, votre blog préféré va disserter d’un Art Majeur : la Musique. Non, nous ne nous étendrons pas sur les 50 ans des Rolling Stones. Ce serait enfoncer une porte ouverte, vous ne venez pas séant pour si peu.

La semaine dernière, je zappais la bande FM sur mon autoradio et fus frappé d’une révélation divine. Je compris enfin les subtilités chromatiques et la finesse de contrepoint d’un genre appelé « Grindcore ».

Afin de classer le Grindcore, prenez une échelle logarithmique. Au premier échelon, placez les cinquantenaires susmentionnés. Au second, Metallica par exemple. Plus haut, nous trouvons AC/DC. Grimpons vers l’Olympe le Walhalla. En chemin, nous rencontrons Children of Bodom à qui nous accordons une mention spéciale : ces finlandais ont remplacé leur fan club par une hatecrew. Enfin, et juste à côté du dieu Thor et de son marteau, nous sommes émerveillés par la magnificence des compositions de Lamb of God, Carcass ou, au pinnacle ultime, Napalm Death. Bref, le Grindcore constitue le stade ultime de l’évolution musicale contemporaine, brassage chromosomique très abouti entre Heavy Metal et Gothic Rock.

Sur le plan culturel, la diversité musicale et la variété des compositions, la palette des thèmes abordés sidèrent le néophyte. Tout comme la tolérance et le respect de la différence au sein de ce genre tribal musical. Témoin l’accueil chaleureux réservé au groupe Nickelback par un inconditionnel de Lamb of God.

Pourtant, dans un ciel quasi-serein, nous nous devons d’exprimer un léger désappointement quant au conventionnalisme des instruments. Nous fûmes interloqués par les six cordes aux guitares et les quatre à la basse. A notre avis, un câble de remorquage eut été infiniment plus seyant. D’autant qu’un seul eut suffi à remplir la mission mélodique assignée à tout l’orchestre. Espérons que Napalm Death soient, eux aussi, engagés dans un processus d’amélioration continue.

Non que nous prétendions réaliser ici le panégyrique des seuls Napalm Death. Mais force nous est de reconnaître que leur curriculum impressionne. D’abord et point majeur, ils sont originaires de Birmingham. Si vous n’avez jamais eu la félicité de visiter cette cité cosmopolite, vous ne pouvez comprendre un principe anglo-saxon de base. Seuls des anglais peuvent invalider une théorie anglaise. Birmingham a donc invalidé la théorie de Darwin. Le second avantage de notre quatuor est qu’aucun musicien actuel n’est d’origine, ce qui renforce leur légitimité culturelle.

Mesdames, Messieurs, en guise de bouquet final, veuillez écouter l’ensemble Napalm Death dans leur interprétation officielle et non sous-titrée de leur célèbre opus : « The Wolf I feed ».