Web.Larry

La semaine dernière, la justice US a tranché. Dans le match des Larry, le plus jeune a gagné. Traduisez : Google a été acquitté dans le procès qui l’opposait à Oracle. Et disons-le d’emblée, c’était mérité (même si le vieux fait appel). Et repassons une couche : Ellison a pris des rides.

Non seulement, il a pris un sérieux coup de vieux, mais il peut remercier le juge : si d’aventure, la pièce était tombé de l’autre côté, c’en était fini de Java. Personne n’aurait accepté de payer des royalties à la 6e fortune des États-Unis pour utiliser un langage de développement lourd, mal encadré et cantonné à un rôle confidentiel sur le web. Bref, un langage qui ressemble à l’Ellison actuel : ridé.

 

C’est à un changement de génération que nous avons assisté la semaine dernière : on peut dorénavant proposer du gratuit et gagner sa vie par des moyens tiers sans que les vautours ne viennent vous ouvrir le ventre. L’autre bonne nouvelle réside dans la non-brevetabilité des API, décrétée des deux côtés de l’Atlantique : la Cour européenne de Justice avait déjà décidé dans le même sens voici quelques semaines.

Pour Oracle, l’erreur initiale a consisté, comme nous l’avions écrit in tempore non suspecto (classe, non?) à claquer 7 Mia USD pour racheter une boîte sans avenir. Résultat, le vieux Larry flingue tous azimuts pour tenter de récupérer son investissement.

En face, le jeune Larry, lui, fait forte impression : lorsqu’il s’empara de la direction de Big Broogle, il fut lourdement critiqué pour avoir écarté Eric Schmit. Depuis, le moteur de recherche tourne à plein régime : nouveau réseau social, intégration plus poussée entre les services, disque virtuel, achat (génial) de Quickoffice et de Meebo, browser numéro un, suppression de produits non-pertinents, … et la récente victoire sur Oraclator. Ce ne sont plus des galons de capitaine, c’est un bâton de maréchal.

Le jugement en faveur de Google crée une rupture stratégique. Entre les anciennes sociétés de l’informatique classique (HP et Dell se rangent dans le même camp) et la nouvelle génération, née après l’avènement du weuweuweu, les nouvelles imposent leur modèle de business aux anciennes. La brutalité primaire ne suffira plus, il faudra dorénavant y ajouter une certaine subtilité. On espère que la vieille pomme entamée subira le même sort : sa dernière attaque sur Samsung procède du même esprit de racketteur professionnel, soucieux de retarder une défaite inéluctable.

C’est ça, un coup de vieux…

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