Réseau social, tu gardes ton sang-froid

Nous y sommes : l’Everest de la finance webeuse, le treizième travail d’Hercule 2.0, le Walhalla du PHP, l’Aventador d’Internet défile sous nos yeux humides d’une cupidité un rien débile : Fesse-bouc procède à son IPO. Tatsoiiiiin.

Fesse-bouc espère placer environ 337 millons d’actions pour environ 10 à 10,5 Mia USD. L’ensemble valoriserait le réseau antisocial qui garde son sang-froid à environ 85Mia USD.

En d’autres termes : Fesse-Bouc dont le chiffre d’affaires a atteint 3.5Mia USD en 2011 vaudrait 25 ans de résultats actuels. Plus en fait. Voici quelques semaines, le réseau s’est offert une mauvaise application de retouche photo sur smartphones pour 1 Mia USD, à déduire en partie des 3,5 Mia.

Cette introduction fut préparée de longue date. On se rappelle en effet que Goldman Sachs fut commandité pour mette un prix sur Fesse-bouc. Ils ont d’abord investi eux-mêmes dans la boîte. Puis, ils ont conclu à une valeur d’environ 100Mia USD. A ce niveau, leur petit investissement générerait 650 Mio de plus-value. On est jamais trop prudent : le management de l’IPO leur est passé sous le nez. Dans ce contexte, 650 Mio, c’est juste une consolation, pas de quoi payer les bonus de fin d’année.

A part la banque d’affaires, on compte aussi dans les heureux actionnaires pré-IPO Zuckerberg lui-même, bien entendu. Ou le très staïlé Bono, ambassadeur de sacs de luxe marqués d’un « L » et d’un « V ». Si l’introduction en bourse est un succès, le gros rond aux lunettes carrées deviendrait l’artiste rock le plus riche du monde (1,5Mia USD).

Pour faire simple, Reuters pense que l’IPO sera un succès, Bloomberg pense le contraire. Pour avoir bossé chez Reuters, je pencherais pour la version Bloomberg. La mauvaise nouvelle réside dans la réticence des institutionnels à s’engager, au contraire des petits porteurs, fascinés par ce qu’ils ne comprennent pas.

Bref, si vous avez envie d’acheter des actions Fesse-bouc à l’émission, réfléchissez à deux fois. Fesse-bouc compte environ la moitié des internautes mondiaux. A chiffre d’affaire constant par tête de pipe, le potentiel n’est plus que de 100 %, soit environ 7 Mia, disons 8,5 Mia par an. En d’autres termes le réseau antisocial vaudrait 10 ans de chiffre d’affaires. L’honnête citoyen qui y investirait ses pauvres économies découvrirait, dans ses fondements, le second sens du mot introduction.

Il lui préférera LinkedIn, réseau professionnel, déjà coté, avec une stratégie et un business model clairs, lisibles et évidents.

Sinon, eux, ils ne vont pas en bourse mais ils sont marrants, …