Ail-Fox

Les insouciants possesseurs des derniers gadgets électroniques à la mode, ail-pattes et autres ail-je-ne-sais-quoi ont, ces derniers jours, perçu comme un léger voile sur leur bonheur en alu. Comme si l’ail-pomme ne sentait plus tout à fait la rose. Il est vrai que 4 morts, quelques centaines de blessés (je vous passe les suicides) en 2011, ça fait tache pour un partenaire glamour assis sur plus de 100Mia USD de réserves.

Au point que l’ail-société s’est vue contrainte d’envoyer des inspecteurs dans les sweatshops de Foxconn afin d’y vérifier la décence des conditions de travail. Comme l’un a besoin de l’autre, nul doute que les conditions de travail seront déclarées tout à fait décentes. Dans le monde parfait de l’ail-pomme, on imagine mal Cupertino nous avouer, à la veille de la sortie de l’ail pattes 3, recourrir à des environnements de production digne des Misérables. Nous résumons ci-après deux reportages, tirés d’abord du Handelsblatt, du New York Times ensuite.

Foxconn, c’est l’usine universelle à gadgets électroniques. Elle est, bien entendu, domiciliée en Chine, paradis du communisme radieux. La société Foxconn appartient donc à un seul homme. Il fait produire d’abord pour l’ail-pomme, mais aussi pour Lenovo, Dell, HP, Samsung et autres.

Foxconn emploie 1,2 millions de Thénardier et en embauche 10.000 par mois. En clair, Foxcon emploie autant de personnes que Siemens, IBM et Volkswagen réunis. La comparaison s’arrête là. Chez le chinois, en effet, le serf travailleur moyen gagne moyen aussi : 250 USD par mois. Côté avantages, ils ont droit, primo, à un polo d’entreprise. Un polo, pas une. Secundo, ils peuvent aussi dormir sur place, après leurs dix heures de labeur quotidien. Il leur en côute une journée de travail par mois pour bénéficier de dortoirs communs avec lits superposés. Bonne nouvelle : le patron veut revaloriser les salaires de 16 à 25%. A condition bien sûr de pouvoir repasser la patate chaude à l’ail-pomme.

Persuadé de la félicité des siens, ce communiste moderne veut l’exporter : il construit une unité de production au Brésil. D’ailleurs, le nirvana absolu, c’est quant tout le monde est heureux à l’intérieur de l’usine. A ces fins, le boss de Foxconn envisage une usine entièrement robotisée. Il en fait la condition sine qua non pour la prochaine étape de son expansion : la production sur le sol américain. Dirigeants occidentaux qui voulez ré-industrialiser, le patronat asiatique a déjà préparé la vaseline.

Au fait, Foxconn vend les ail-pattes à Cupertino pour moins de 150 USD pièce. Donc si vous avez acheté votre tablette entre 650 et 800€ la semaine dernière, vous comprendrez pourquoi le prix de l’action Apple crève tous les plafonds.